Étude Héberger, c'est loger ? Aux frontières du logement ordinaire

Cette nouvelle étude résonne avec l’actualité et une situation structurellement difficile en France, l’hébergement. Au sens strict, il concerne, les personnes sans domicile et les demandeurs d’asiles. Au sens large, il s’adresse à une population beaucoup plus nombreuse : jeunes, personnes âgées, en famille ou seules, en situation de dépendance ou de de handicap. Le sociologue Julien Damon passe en revue les populations concernées, les structures d’accueil, les acteurs et dresse le panorama d’un secteur pesant pour 2% du PIB et 3% des emplois, dont l’émiettement nuit sans doute à son efficacité. Il explique aussi qu’au fil du temps, l’hébergement (sauf le droit d’asile) a été progressivement pris en charge par la politique du logement et notamment par les bailleurs sociaux. L’offre d’hébergement pour les défavorisés équivalait à 1 % de l’offre HLM en 1990, à 5 % aujourd’hui et à 10 % avec le logement accompagné. Avec l’ensemble du secteur médico-social, les personnes hébergées occupent ainsi 20 % du parc HLM au total. Cette étude est soutenue par IDHEAL et la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), la Fédération des entreprises sociales pour l’habitat (ESH), Logétude, et l’Organisme commun des institutions de rente et de prévoyance (OCIRP).

Auteur: Julien Damon | 9 novembre 2021
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Étude Nos logements, des lieux à ménager

"Nos logements, des lieux à ménager" a pour objectif de définir la qualité des logements de manière tangible et quantifiable. Cette étude s'appuie sur un échantillon d'immeubles franciliens construits entre 2000 et 2020, dont les plans de niveaux et des appartements ont été passés au crible d'un référentiel à 200 entrées. Plusieurs indicateurs inédits permettent de réfléchir à la qualité d'usage des logements, comme le "périmètre meublable" ou la "surface d'usage" qui rendent compte des mètres carrés réellement utilisables. Le premier chapitre est consacré aux résultats, le second passe en revue les conditions de production des logements dans le contexte francilien. L'étude, qui formule en outre un ensemble de propositions, a été menée de janvier à juillet 2021, avec la collaboration des étudiants du master 2 d'urbanisme de l'Université Paris-Nanterre.

Auteur: Pauline Dutheil, architecte, M2 de l'École urbaine de Sciences Po, Samuel Rabaté, M1 Aménagement et Urbanisme de l'Université Panthéon-Sorbonne, Alexandre Néagu, architecte et enseignant-chercheur | 30 août 2021
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Compacité des plans, taille des unités et distribution des surfaces ont un lien direct avec le coût de revient des opérations.

Étude Le plus grand architecte, c'est Bercy : filière de production des logements et qualités d'usage

Entre 2000 et 2020, le nombre de logements produits par la promotion immobilière a pris un essor sans précédent. Des conditions économiques, politiques et urbaines favorables ont renforcé le rôle des promoteurs immobiliers dans la fabrique urbaine. Peut-on toutefois établir des rapports entre la diffusion de la construction spéculative de logements et les évolutions récentes de la morphologie des logements collectifs ? En lien avec la conférence acteur-chercheur d'IDHEAL du 10 décembre 2020, Alexandre Neagu présente un extrait de sa thèse sur ce sujet.

Auteur: Alexandre Neagu, architecte DPLG, doctorantLAVUE UMR 7218, Centre Recherche sur l'Habitat | 19 janvier 2021
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Enquête en ligne Quels logements pour les Parisiens à temps partiel ?

Un pied ici, l'autre ailleurs ? Cette enquête en ligne vise à inventer un nouveau genre de pied-à-terre !
Vous venez régulièrement à Paris ; vous avez envie d’un « chez-vous », même à temps partiel, pour éviter l’hôtel, ne pas vous imposer, à chaque fois, à vos amis ou à votre famille, ou tout simplement être indépendant/e.
Vous aimeriez trouver une solution de logement adaptée à ce mode de vie, un pied ici, un autre ailleurs...Vous êtes parisien/ne mais peut-être pas pour toujours...
Dans le cadre du concours @FAIRE_Paris 2020,Majma, IDHEAL, Cheuvreux et Pavillon de l'Arsenal imaginent un nouveau type de logement qui répondrait à vos attentes.
Votre avis nous intéresse, dites-nous, en quelques clics, où et comment vous aimeriez habiter, lorsque votre travail ou vos envies vous mènent à Paris ou alentour. Cette enquête vous prendra dix minutes, merci! Pour participer, bit.ly/32pTYzd

Auteur: Majma/IDHEAL | 20 avril 2021

Rénovation urbaine, Les Ulis (91) 3F : Brenac & Gonzalez, photo Julien Lanoo

Étude 20 ans après, la loi SRU produit une mixité de façade

La ségrégation résidentielle augmente en France, malgré les objectifs fixés par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) qui tente depuis 20 ans de lutter contre les fractures sociales et territoriales que ce phénomène provoque. L’étude « Logement social et ségrégation en France » menée par Kevin Beaubrun-Diant (Université Paris-Dauphine PSL) et Tristan-Pierre Maury (Edhec Business School) mesure ce phénomène et avance des explications à son développement sur une période de 15 ans, de 1999 à 2015, en observant les parcours résidentiels des habitants des 5 millions de logements du parc social et des 30 millions de locataires ou propriétaires du parc résidentiel privé.

Photo : zone ANRU, programme de rénovation urbaine du Quartier de la Daunière, Les Ulis (91).
Équipes d’architectes des opérations de l'Immobilière 3F : Brenac & Gonzalez, Patricia Leboucq. Urbaniste : Jean-Michel Daquin. Photographe : Julien Lanoo.

Auteur: Idheal | Kevin Beaubrun-Diant et Tristan-PIerre Maury | 04.02.2020
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9 novembre 2021
LE MONDE ISABELLE REY-LEFEBVRE

Hébergement des sans-abri : un investissement massif et croissant

La politique de logement des sans-abri, massive, est-elle sur la bonne voie ? Pour le sociologue Julien Damon, auteur d’une étude commandée par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL), parue ce mardi 9 novembre, « l’hébergement [provisoire] des personnes sans domicile est devenu, petit à petit, depuis quinze ans, une composante centrale de la politique du logement, qu’il s’agisse de l’offre, du budget, de l’intérêt politique et même de l’énergie et du temps que lui consacre le ministère du logement ». La priorité affichée est cependant plutôt le relogement pérenne, traduit, depuis 2017, dans la stratégie nationale « pour le logement d’abord ».

14 octobre 2021
LE MONITEUR JACQUES-FRANK DEGIOANNI

« La défiscalisation doit être fléchée vers le logement de qualité » selon Christine Leconte

Qu'est-ce que la qualité d'un logement ? Selon Christine Leconte, là réside toute la question de la création architecturale, de la plus-value apportée par l'architecte dans l'intelligence d'un plan de logement, dans la conception d'un bâtiment et de la fabrication de la ville. Une large part repose sur du ressenti, de l'immatériel : ambiances lumineuse, thermique, acoustique, sensation d'espace, usage, confort... La récente étude de l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL) montre l'importance des « mètres carrés du hasard », sans utilité préétablie. L'important, c'est la manière dont les gens s'approprieront leur logement. Ce sont ces « mètres carrés impensés » qui font la différence, et qui sont absents des espaces très contraints. L'architecte peut apporter cette qualité pour sortir du standard et habiter un lieu et un territoire.

11 octobre 2021
LIBÉRATION EVE SZEFTEL

Déconfinée, la fenêtre sort du cadre

Ténor qui chante de l’opéra, applaudissements à 20 heures, DJ pour un balcon-concert, cours de gymnastique, apéro entre voisins ou encore simple sieste au soleil : pendant le confinement, la fenêtre a été, pour les citadins cloîtrés, une échappée vers le monde extérieur, lieu d’évasion individuelle mais aussi de rencontres et d’expériences collectives. Objet de détournements fonctionnels, le cadre en bois ou PVC a allègrement outrepassé sa fonction initiale de source de lumière et d’aération. Pour «transformer l’expérience du confinement en potentiel architectural», le Pavillon de l’Arsenal, à la fois centre de documentation et lieu d’exposition, a lancé un concours dans le cadre de « FAIRE », son incubateur de projets urbains innovants.

Lauréat de FAIRE 2020, « Scénarios futurs. Dispositifs de façade post-confinement », porté par les architectes Cyrus Ardalan, Ophélie Dozat et Lucien Dumas, est visible jusqu’au 7 novembre. Il présente 60 dessins – et un prototype – de ces percées murales qui hybrident joyeusement l’intérieur et l’extérieur, l’intime et le social, le privé et le public.

Le prototype exposé au Pavillon est une « assise tournante, en balcon. Un isoloir domestique qui peut s’ouvrir à la ville grâce à un système de voile rétractable. Une structure qui fonctionne, autoportante, et qui peut être construite par chacun ». Les autres dispositifs font, eux, la part belle à l’imagination : un salon de thé, une « bulle d’apéro Skype », une balançoire coquine, un barbecue, un sauna, un studio de chants, une épicerie. Une dimension utopique assumée qui vise à repenser la relation à l’extérieur pour que la façade ne soit pas une prison.

En pratique, le confinement a servi de «crash-test» au parc de logements français. Une étude récente de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL), qui a passé au crible des milliers de plans de programmes neufs, a montré qu’en vingt ans le «confort d’usage» des logements a baissé. Si 80 % des plans étudiés présentent «au moins un espace extérieur», ce qui est un progrès, deux tiers des balcons ont une profondeur de moins d’1,50 m, permettant difficilement d’y installer une petite table ou d’y faire sécher du linge. Quand la loggia ne sert pas de lieu de stockage, faute de placards...

27 septembre 2021
LA GAZETTE DES COMMUNES DELPHINE GERBEAU

Penser le logement autrement

Tous les signaux sont au rouge ! La production neuve de logements chute depuis 2019, ainsi que la délivrance de permis de construire – même si des signaux de reprise ont émergé au deuxième trimestre 2021. Les prix atteignent des sommets, tandis que les professionnels dénoncent la hausse des prix du foncier et la flambée des coûts de construction. La crise sanitaire a amplifié la prise de conscience d’un parc de logements de plus en plus inadapté à l’évolution des besoins des habitants et de l’environnement, et donné un coup d’accélérateur au télétravail.

« Le système atteint ses limites. Le bouclage des projets immobiliers se fait dans un modèle économique contraint qui doit concilier plusieurs un foncier cher, des élus qui ne vont pas au bout des possibilités de constructibilité de leur plan local d’urbanisme, la nécessité de rester dans des prix abordables » a admis la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, le 8 septembre, lors de la présentation du rapport de Laurent Girometti (directeur général d’EpaMarne) et de François Leclercq (architecte urbaniste) relatif au référentiel du logement de qualité.

Deux rapports récents ont tenté de mesurer l’évolution de la qualité du logement. L’association Qualitel a ainsi publié, le 1er juin, un « état des lieux du logement des Français ». S’il démontre certains points d’amélioration comme la généralisation des espaces extérieurs, il pointe également des dégradations. Depuis 1945, la hauteur sous plafond a chuté de 2,67 mètres à 2,40 mètres environ. La surface moyenne des appartements a baissé – un deux-pièces est passé de 48 mètres carrés à 45 mètres carrés, les appartements sont de moins en moins traversants – 50 % des appartements de plus de dix ans sont traversants, contre 32 % des plus récents. L’institut IDHEAL, de son côté, a présenté le 27 août une étude intitulée « Nos logements, des lieux à ménager », consacrée à l’Île-de-France, et qui va dans le même sens que le rapport de Qualitel. « Une part significative des logements produits en Île-de-France depuis vingt ans se trouve dans des situations défavorables : mal orientés, donnant seulement sur rue, en rez-de-chaussée ou dans des angles rentrants sur cour. Ces logements ont perdu en confort, les surfaces des cuisines, des séjours, de la deuxième chambre ont souvent diminué » expliquent leurs auteurs, Pauline Dutheil et Samuel Rabaté. Lors de la présentation de son rapport à la ministre du Logement, Laurent Girometti a ainsi résumé la situation : « depuis le début du XXIe siècle, on constate une tendance à la dégradation des surfaces habitables, avec une optimisation des surfaces vendues et des coûts. Le tableau Excel a parfois pris le pas sur la qualité des logements ».

22 septembre 2021
CHRONIQUES D'ARCHITECTURE PAUL CHEMETOV

Rien ne justifie de construire pour un siècle avec les règlements actuels

Les chroniques d’architecture ont publié deux lettres d’humeur, celle de Francis Soler et celle de Rudy Ricciotti. Tous deux ont reçu le Grand Prix national d’Architecture. À leur suite, Paul Chemetov détaille ce qui fâche dans l'actuelle condition des architectes et le travail qui leur est demandé.

Si tous les Grand Prix disaient ce qui les insatisfait dans leur vie, leur situation dans la société, les projets qu’ils dessinent et ceux qu’ils construisent, nous aurions sans doute un diagnostic irréfutable et nous verrions que, par-delà la lutte de tous contre tous qui découle de la forme actuelle des consultations, nos maux sont partagés et que ce que nous proposons aurait sens, nous l’espérons, pour les pouvoirs publics et les investisseurs privés.

Tout récemment, François Leclercq et Laurent Girometti ont remis à Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, un rapport sur le logement et ce qu’il devrait assurer. Le confinement a mis en lumière les insuffisances de bien des habitats, privés d’espaces extérieurs praticables et de surfaces intérieures capables d’offrir à chacun l’intimité de la chambre à soi chère à Virginia Woolf et des espaces de la vie commune conçus avec une attention nouvelle, attention portée notamment aux salles de bains comme aux cuisines, prenant jour par des fenêtres et à la ventilation naturelle de logements qui ne seraient pas mono orientés.

Son diagnostic vient confirmer et préciser le rapport Lemas sur la qualité des logements sociaux, comme le discours de la ministre de la Culture, l’étude d’IDHEAL ou les intuitions de celle initiée par l’Ordre des Architectes...

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Institut Des Hautes Études pour l'Action dans le Logement Moins d'idéologie, plus d'idées au logis ! Institut Des Hautes Études pour l'Action dans le Logement Moins d'idéologie, plus d'idées au logis !