27 septembre 2021
LA GAZETTE DES COMMUNES DELPHINE GERBEAU

Penser le logement autrement

Tous les signaux sont au rouge ! La production neuve de logements chute depuis 2019, ainsi que la délivrance de permis de construire – même si des signaux de reprise ont émergé au deuxième trimestre 2021. Les prix atteignent des sommets, tandis que les professionnels dénoncent la hausse des prix du foncier et la flambée des coûts de construction. La crise sanitaire a amplifié la prise de conscience d’un parc de logements de plus en plus inadapté à l’évolution des besoins des habitants et de l’environnement, et donné un coup d’accélérateur au télétravail.

« Le système atteint ses limites. Le bouclage des projets immobiliers se fait dans un modèle économique contraint qui doit concilier plusieurs un foncier cher, des élus qui ne vont pas au bout des possibilités de constructibilité de leur plan local d’urbanisme, la nécessité de rester dans des prix abordables » a admis la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, le 8 septembre, lors de la présentation du rapport de Laurent Girometti (directeur général d’EpaMarne) et de François Leclercq (architecte urbaniste) relatif au référentiel du logement de qualité.

Deux rapports récents ont tenté de mesurer l’évolution de la qualité du logement. L’association Qualitel a ainsi publié, le 1er juin, un « état des lieux du logement des Français ». S’il démontre certains points d’amélioration comme la généralisation des espaces extérieurs, il pointe également des dégradations. Depuis 1945, la hauteur sous plafond a chuté de 2,67 mètres à 2,40 mètres environ. La surface moyenne des appartements a baissé – un deux-pièces est passé de 48 mètres carrés à 45 mètres carrés, les appartements sont de moins en moins traversants – 50 % des appartements de plus de dix ans sont traversants, contre 32 % des plus récents. L’institut IDHEAL, de son côté, a présenté le 27 août une étude intitulée « Nos logements, des lieux à ménager », consacrée à l’Île-de-France, et qui va dans le même sens que le rapport de Qualitel. « Une part significative des logements produits en Île-de-France depuis vingt ans se trouve dans des situations défavorables : mal orientés, donnant seulement sur rue, en rez-de-chaussée ou dans des angles rentrants sur cour. Ces logements ont perdu en confort, les surfaces des cuisines, des séjours, de la deuxième chambre ont souvent diminué » expliquent leurs auteurs, Pauline Dutheil et Samuel Rabaté. Lors de la présentation de son rapport à la ministre du Logement, Laurent Girometti a ainsi résumé la situation : « depuis le début du XXIe siècle, on constate une tendance à la dégradation des surfaces habitables, avec une optimisation des surfaces vendues et des coûts. Le tableau Excel a parfois pris le pas sur la qualité des logements ».

22 septembre 2021
CHRONIQUES D'ARCHITECTURE PAUL CHEMETOV

Rien ne justifie de construire pour un siècle avec les règlements actuels

Les chroniques d’architecture ont publié deux lettres d’humeur, celle de Francis Soler et celle de Rudy Ricciotti. Tous deux ont reçu le Grand Prix national d’Architecture. À leur suite, Paul Chemetov détaille ce qui fâche dans l'actuelle condition des architectes et le travail qui leur est demandé.

Si tous les Grand Prix disaient ce qui les insatisfait dans leur vie, leur situation dans la société, les projets qu’ils dessinent et ceux qu’ils construisent, nous aurions sans doute un diagnostic irréfutable et nous verrions que, par-delà la lutte de tous contre tous qui découle de la forme actuelle des consultations, nos maux sont partagés et que ce que nous proposons aurait sens, nous l’espérons, pour les pouvoirs publics et les investisseurs privés.

Tout récemment, François Leclercq et Laurent Girometti ont remis à Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, un rapport sur le logement et ce qu’il devrait assurer. Le confinement a mis en lumière les insuffisances de bien des habitats, privés d’espaces extérieurs praticables et de surfaces intérieures capables d’offrir à chacun l’intimité de la chambre à soi chère à Virginia Woolf et des espaces de la vie commune conçus avec une attention nouvelle, attention portée notamment aux salles de bains comme aux cuisines, prenant jour par des fenêtres et à la ventilation naturelle de logements qui ne seraient pas mono orientés.

Son diagnostic vient confirmer et préciser le rapport Lemas sur la qualité des logements sociaux, comme le discours de la ministre de la Culture, l’étude d’IDHEAL ou les intuitions de celle initiée par l’Ordre des Architectes...

18 septembre 2021
LE POINT LAURENCE ALLARD

Vers un nouveau dispositif pour l'immobilier locatif neuf

C’est chaque fois la même chose ! À son arrivée au pouvoir, auréolé de ses certitudes, le gouvernement annonce qu’il va supprimer les avantages fiscaux attachés à l’investissement dans la pierre. Et trois ans plus tard, devant l’aggravation de la pénurie de logements, il décide d’en recréer un à sa sauce. Le gouvernement Castex n’échappe pas à la règle. Alors qu’elle avait décidé l’an dernier de raboter la réduction d’impôt sur le revenu liée au dispositif Pinel pour tous les investissements réalisés en 2023 et 2024, Emmanuelle Wargon, la ministre du Logement, a annoncé réfléchir à un nouveau dispositif applicable à partir de 2023. Une manière de tuer dans l’œuf les baisses annoncées ! La réduction d’impôt dite Pinel devait diminuer après le 1 er janvier 2023 de 21 à 17,5 % du montant investi pour un engagement de location de douze ans, de 18 % à 15 % pour neuf ans et de 12 % à 10,5 % pour six ans. Puis respectivement à 14, 12 et 9 % pour tout achat après le 1er janvier 2024.

Les taux actuels seraient conservés dès lors que le bien satisferait des conditions environnementales et surtout, fait nouveau, des standards en matière de confort. « Il n’est pas raisonnable de laisser l’ajustement des prix se faire par la baisse de la hauteur sous plafond, une diminution de la taille des chambres ou l’absence de lumière traversante » estime Emmanuelle Wargon, qui s’appuie sur les conclusions d’une étude de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL) portant sur 1 703 logements livrés entre 2000 et 2021 par 24 promoteurs et bailleurs sociaux. Les appartements franciliens auraient perdu en moyenne 10 m2 pour les 4-pièces (passés à 89,20 m2), 2,5 m2 pour les 3-pièces à 63,4 m2 et 2,8 m2 pour les 2-pièces à 43,1 m2. La moitié des logements n’auraient qu’une seule exposition, ce qui nuirait à la luminosité et à la ventilation.

17 septembre 2021
BUSINESS IMMO TRIBUNE

« Pour des États Généraux du Logement » : le point de vue d'Emmanuel Launiau

« Organisons ensemble des États Généraux du Logement » : c’est l’appel d’Emmanuel Launiau, président de Quartus promotion. Un appel lancé aux citoyens, élus, puissance publique, promoteurs, opérateurs urbains, architectes, chercheurs, acteurs économiques et sociaux, afin de fabriquer une ville belle et désirable.

17 septembre 2021
LE PARISIEN DELPHINE DENUIT, MAXIME FRANÇOIS

Plafond plus haut, superficie, extérieur... les pistes pour améliorer la qualité des logements

Trop petits, bas de plafond, mono orientés… Les confinements et la généralisation du télétravail ont mis en lumière le manque de confort d’une très grande majorité de nos logements, neufs comme anciens. « Il faut sortir d’un cercle vicieux et créer des logements désirables. Les villes doivent devenir plus accueillantes qu’elles ne le sont » alerte la Ministre du Logement, Emmanuelle Wargon. Elle a ainsi missionné l'architecte François Leclercq et l'aménageur Laurent Girometti en vue de créer un nouveau référentiel de qualité d'usage des logements neufs et anciens. « Le logement a fait un bond en avant important d'un point de vue technique et technologique, mais a clairement régressé en matière de qualité », constatent François Leclercq et Laurent Girometti. Dans leur rapport, remis la semaine dernière, tous deux proposent des pistes pour ce que pourrait être l'habitat de demain. Et plutôt que de rendre leur référentiel contraignant, les deux rapporteurs suggèrent de conditionner l'octroi d'une aide publique à son respect afin d'éviter, comme c'est trop souvent le cas trop, que l'habitat ne se résume pas qu'à « un produit financier ». Aussi étonnant que cela puisse paraître, le rapport ne préconise en revanche aucune augmentation, même minime, de la superficie des logements actuels, par comparaison à la moyenne constatée dans l'étude d'IDHEAL parue en août.

17 septembre 2021
LE MONITEUR MILENA CHESSA

En Île-de-France, le président de l’Ordre des architectes entre en action

Fabien Gantois, élu à la tête du CROAIF (Conseil régional de l'Ordre des architectes d'Île-de-France) au printemps, a fait sa première rentrée médiatique le 16 septembre. La qualité architecturale des logements figure parmi les priorités de son mandat. « La France est un pays où l’on produit des rapports sur le logement (Rebsamen, Lemas, IDHEAL, Leclercq-Girometti), mais il ne se passe pas grand chose après. Maintenant, il faut agir et fédérer l'écosystème qui fabrique notre cadre de vie ! »

17 septembre 2021
IMMOWEEK TRIBUNE

Emmanuel Launiau (Quartus promotion) : « Pour des États Généraux du Logement »

Ce serait donc une affaire réglée... Les logements construits en Île-de-France depuis 20 ans sont de moins bonne qualité. À la diminution de la taille des chambres, à l'ouverture des cuisines, à la réduction des espaces de rangements, un responsable est désigné : le promoteur immobilier. Il serait celui qui réduit le logement à un produit financier en oubliant que sa mission est de loger le plus grand nombre dans des espaces de vie de qualité. La caricature est grossière et les commentaires que suscite la par ailleurs sérieuse étude menée par les équipes d'IDHEAL auraient sans doute ravi l’anthropologue René Girard qui a tant décrypté la logique du bouc émissaire.

Au passage, on stigmatise cette profession à un moment où tous les acteurs de la chaîne de production de la ville sont devenus généralistes, chacun exerçant tour à tour les métiers d’aménageur, de foncière et de promoteur, et on oublie que ce dernier est devenu en France le premier producteur de logements sociaux.

Oui, la qualité d’habitation n’est pas un ressenti et elle peut s’objectiver. Lumière, espace, volume, habitabilité, qualité d’usage, espace de rangement, espace extérieur, orientation, qualité de l’air, acoustique… sont autant d’éléments qui font qu’un logement est agréable à vivre ou non. Si cette étude dresse une photographie sans concession, elle a le mérite de poser le débat sur ce qui produit de façon mécanique une moindre qualité dans un logement. Le tout est de ne pas tomber dans la caricature.

Le système de production du logement en France ne sert pas toujours la qualité d’habiter. Ce n’est pas s’exonérer que le reconnaître. Nous sommes dans un marché ouvert et le déséquilibre entre l’offre qui reste bien inférieure à la demande dans les grandes métropoles, alimente un enchérissement qui n’est bon pour personne.

Les prix augmentent, la capacité d’emprunt n’est pas extensible et, mécaniquement, les acquéreurs paient chère une surface plus petite qui finit par rogner certains usages, même si elle s’accompagne dans le neuf d’espaces extérieurs ou de parkings en sous-sols, autant d’atouts que ne propose pas souvent l’ancien.

Aujourd’hui, la qualité de la production des logements n’est pas dissociable de celle de la superficie. Autrement dit, c’est bien le prix de vente qui conditionne la taille et la qualité du logement. Ce mécanisme est connu et malheureusement, nous nous y noyons.

Pourtant, nous connaissons et partageons ces blocages. D’abord, un coût du foncier trop cher qui contraint d’emblée le projet censé s’y fabriquer. Quand le prix du terrain pèse 40 % (voire jusqu’à 50 % à Paris !) du prix de vente, c’est le programme immobilier lui-même qui est contraint de s’adapter. Le foncier n’est pas rare dans les grandes villes, il est cher. Cher à transformer, cher à recycler de ses usages précédents pour permettre de réparer et régénérer la ville, rendant ainsi plus complexe la production de logements pour tous, la limitation de l’étalement urbain et le retour de la nature en ville. Une vraie politique publique foncière dans les zones dites tendues devrait permettre de rééquilibrer un marché devenu de pénurie.

Car, finalement, l’augmentation des prix de vente des logements en France a profité en premier lieu, pour ne pas dire exclusivement, aux propriétaires fonciers, qu’ils soient publics ou privés. Rares sont encore les consultations à prix de cession foncière fixe, limitant la spéculation en contrepartie d’un effort supplémentaire demandé aux opérateurs sur l’innovation, la qualité d’usage attendue et l’empreinte carbone du projet.

Ensuite, le temps de fabrication d’un projet urbain s’est considérablement allongé. Si le temps démocratique de participation, de débats et de concertation est essentiel et utile, les temps réglementaires et administratifs de procédures ou de délivrance des permis ont doublé en 20 ans, avec des potentiels de constructibilité réduits à la clé. Le PLU (plan local d’urbanisme) qui fixe les règles de constructibilité d’une parcelle n’est plus un droit, mais est devenu un maximum pour les élus, alors qu’il est déjà l’expression d’une volonté politique et que l’instruction d’un permis de construire, au regard de ses règles, devrait être purement mécanique. Cet allongement des durées de production de l’offre en France participe, lui aussi, à l’augmentation des prix et donc à la réduction des surfaces et de la qualité des logements.

Enfin, l’empilement de normes et de réglementations a contribué à réduire la qualité d’usage des logements en réservant trop de surfaces à un usage trop faible ou encore en limitant leur confort. En illustration, la réglementation handicapée et l’augmentation démesurée des surfaces des toilettes ou encore la règlementation thermique et la réduction des surfaces vitrées dans les logements.

L’État s’apprête à nouveau à réglementer sur l’accroissement des surfaces et les volumétries des logements, quand de leur côté les collectivités veulent réglementer sur la réduction des hauteurs d’immeubles et de la densité urbaine ; le résultat est écrit d’avance, ce sont les concitoyens, nos clients, qui paieront leurs logements encore plus chers en zone dense, là où les prix ont déjà considérablement augmenté, désolvabilisant une large partie de la population et précarisant les plus fragiles.

Est-on à ce point englué dans ces injonctions contradictoires ? L’étalement urbain a cru trois fois plus vite que la population, comme le démontre si bien Sylvain Grisot quand il parle d’urbanisme circulaire. On veut zéro artificialisation nette, mais ne pas construire en ville. On veut bien construire, mais pas en face de chez soi. On veut bien de la nature en ville, mais sans densité et sans libération d’espace au sol… et, pourtant, il faut bien loger les gens.

Le ressort est-il (encore) de légiférer pour déterminer ce qui est de qualité et ce qui ne l’est pas ou au contraire d’accorder un peu plus de liberté pour construire mieux avec plus d’audace ? Cette habitude française de rajouter de la prescription à tous les maux n’est peut-être pas le meilleur moyen de hisser le niveau de qualité d’usage. Quant à savoir si c’est à la puissance publique de définir ce qui est de qualité et ce qui ne l’est pas, la question pourrait être posée. Si les chartes territoriales sont prises pour une opportunité de fabriquer une ville plus belle, l’enjeu est de laisser de la liberté pour proposer, imaginer, innover, rendre possibles différentes manières d’habiter. La qualité exige une expertise, elle demande aussi de la confiance. De la confiance aux architectes qui pensent des espaces évolutifs pour que les gens s’en emparent. Aux promoteurs qui conçoivent et construisent des lieux de vie adaptés à leurs clients. Aux habitants qui devraient avoir le choix de faire eux-mêmes chez eux, de privilégier une « family room » à des grandes chambres, un salon ouvert à une cuisine fermée ou l’inverse.

14 septembre 2021
CONSEIL NATIONAL DE L'ORDRE DES ARCHITECTES

Vers un référentiel du logement de qualité

Le 9 février 2021, la Ministre déléguée au Logement Emmanuelle Wargon a annoncé la mise en place d’un référentiel de la qualité des logements, dont elle a confié le pilotage à l’architecte urbaniste François Leclercq et au directeur général de l’EpaMarne, Laurent Girometti. L’objectif était de « permettre de faire évoluer nos pratiques, d'inverser la tendance au logement toujours plus petit, en tenant compte des enjeux sociaux, économiques et environnementaux ». Ce rapport a été présenté à la Ministre lors de la deuxième table-ronde de la démarche « Habiter la France de demain », le 8 septembre 2021. Il confirme la baisse de la qualité des logements depuis les années 1980. Néanmoins, le développement des « chartes de qualité » mises en place par les collectivités territoriales, à destination des acteurs de la construction et notamment de la promotion, témoigne d’une volonté de contrôler la qualité. Ce rapport concorde avec d’autres documents, tels que l’étude « Nos logements, des lieux à ménager » d'IDHEAL qui confirme également la perte de qualité du logement. L’ensemble des acteurs interrogés par François Leclerc et Laurent Girometti pointent les défaillances actuelles de la production du logement : pression foncière, fiscalité lourde, logique de rentabilité et surtout existence de dispositifs fiscaux générant de moindres attentes de la part des acquéreurs qui « achètent pour louer ». « La majorité des entretiens réalisés s’accorde à dire que la principale cause de diminution de la qualité des constructions neuves aujourd’hui est liée aux effets induits des dispositifs de défiscalisation type Pinel, qui incitent à considérer le logement comme un simple produit financier », précise le rapport.

13 septembre 2021
LE FIGARO JEAN-BERNARD LITZLER

Améliorer la qualité des logements : un chemin semé d'embûches

Plusieurs études montrent que les logements urbains n’ont cessé de voir leur surface et même leur hauteur sous plafond se réduire, ces 20 dernières années. Dans le même temps, la crise sanitaire a rendu plus forte que jamais l’envie de disposer de plus d’espace et de plus de verdure. C'est dans ce contexte que la Ministre du logement, Emmanuelle Wargon, a lancé l’initiative « Habiter la France de demain ». Une table ronde organisée dans les locaux du ministère à l’occasion de la publication du rapport sur la qualité d’utilisation du logement rend compte des nombreux obstacles à surmonter pour améliorer la situation. Le président de l’association Qualitel, Bertrand Delcambre, a rappelé qu’une vaste enquête qu’il avait commandée à Ipsos l’an passé montrait que les logements français ont perdu 27 cm de hauteur sous plafond en 60 ans alors même que les Français ont grandi de 7 cm durant cette période. De son côté, Catherine Sabbah, déléguée générale d'IDHEAL, think-tank dédié au logement, est parvenue à des conclusions similaires en Île-de-France avec son étude. L’examen de 1700 plans de logements franciliens construits entre 2000 et 2020 a permis de constater le rétrécissement des logements, la perte de « périmètre meublable » et la transformation de bon nombre de cuisines en un simple « pan de mur dans le salon ».

10 septembre 2021
TÉLÉRAMA XAVIER DE JARCY

Avec la spéculation foncière, les logements de mauvaise qualité gagnent du terrain

Alors que la surface des logements français est déjà l’une des plus faibles de l’Europe de l’Ouest, les appartements neufs rétrécissent. Quelques jours après une première enquête en région parisienne de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL), un nouveau rapport, rédigé par l’architecte François Leclercq et le haut fonctionnaire Laurent Girometti, vient confirmer ce constat à l'échelle nationale. Appartements non traversants, disparition des entrées, des cuisines séparées et des placards, chambres minuscules, hauteur sous plafond inférieure à 2,50 mètres. Les plans sont pourtant établis par des architectes diplômés par le gouvernement et censés faire respecter les règles de l’art. C’est l’une des rares professions à être représentées par un ordre, mais elle a de moins en moins de pouvoir face aux promoteurs, aux constructeurs, à l’empilage des normes et à la loi du marché foncier. Quant aux permis de construire, ils sont accordés par les maires qui ont les moyens d’imposer des chartes de qualité mais ne le font pas assez. Le gouvernement annoncera des mesures en octobre pour rectifier le tir. Mais on ne voit poindre aucune politique cohérente de lutte contre la spéculation foncière. Or on observe depuis longtemps que lorsque le prix des terrains s’envole, les promoteurs sont contraints de diminuer surface et qualité pour préserver leurs marges et ne pas trop augmenter les tarifs. On n’obtiendra aucune amélioration si l’on ne règle pas le problème du coût. De plus, il ne faut pas seulement penser construction, mais aussi urbanisme. De bons logements collectifs en centre-ville sont le meilleur remède au désastreux étalement urbain. Il est grand temps d’en faire une priorité nationale.

10 septembre 2021
CONSEIL NATIONAL DE L'ORDRE DES ARCHITECTES

Référentiel sur la qualité du logement : redonner de meilleures conditions de vie aux habitants !

Le rapport sur la qualité des logements neufs remis mercredi 8 septembre par François Leclercq et Laurent Girometti à la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon constitue une étape importante dans la nécessaire révision de nos manières d’envisager et de construire l’habitat aujourd’hui. Ce rapport s’inscrit dans une prise de conscience collective et salutaire, qui n’est plus seulement celle des architectes, mais aussi des élus locaux et des citoyens : celle d’une dégradation de la qualité des logements construits depuis deux décennies dans notre pays. Les logements récents sont plus petits, plus bas de plafond, trop souvent mono-orientés, plus difficiles à meubler. Les confinements récents ont remis en lumière la valeur de ces qualités essentielles pour bien vivre dans son logement. Le constat est partagé avec les parutions récentes de l’étude "Nos logements, des lieux à ménager" publiée par IDHEAL, du dernier baromètre de l’association Qualitel, et du rapport de Pierre-René Lemas sur la qualité des logements sociaux.

9 septembre 2021
BFM IMMO DIANE LACAZE

Le nouveau dispositif Pinel devrait prendre en compte la surface et la qualité du logement

Le Gouvernement souhaite que le dispositif qui succèdera au Pinel intègre des critères de qualité du logement. "Les critères retenus seront dévoilés mi-octobre", précise un communiqué du Ministère, qui a présenté mercredi un référentiel sur la qualité du logement réalisé à sa demande par Laurent Girometti, directeur général d'EpaMarne et François Leclercq, architecte-urbaniste. Le référentiel propose notamment d'établir un critère d'une "surface minimale par typologie de logement, gage d'un meilleur confort et de plus de polyvalence dans le temps". Une récente étude de l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL) montrait en effet que les appartements neufs étaient de plus en plus petits en Île-de-France et que le dispositif Pinel renforçait cette tendance. Le référentiel suggère également de considérer la luminosité et l'agencement intérieur. "Sans établir une nouvelle norme, il constitue une base équilibrée dont les élus et les opérateurs pourraient se saisir", a commenté Emmanuelle Wargon.

9 septembre 2021
LE MONITEUR MARIE-DOUCE ALBERT

Référentiel du logement de qualité : pour Emmanuelle Wargon, « il faut améliorer collectivement le système de production de l'habitat »

Lors de la 2e session du programme « Habiter la France de demain », tenue le 8 septembre, la Ministre déléguée au Logement a appelé à une « prise de conscience » globale de tous les acteurs sur la dégradation de l'état de la construction neuve. Emmanuelle Wargon a confirmé que le décret d’application sur le maintien du dispositif Pinel pourrait rependre des éléments du rapport Leclercq-Girometti. Pour la Ministre, le temps est venu de prendre conscience que le système de production du logement « atteint ses limites », victime d'un cercle vicieux amenant à produire des appartements toujours plus petits et bas de plafond. Ces défaillances étaient pointées dans le « Référentiel du logement de qualité » que venaient de lui rendre l’architecte-urbaniste François Leclercq et le directeur général de l’établissement public EpaMarne/EpaFrance, Laurent Girometti. Emmanuelle Wargon a aussi souligné la concordance de ce rapport avec d’autres documents, tel que le rapport Lemas ou les études produites par Qualitel ou par L’Institut des Hautes Etudes pour l'Action dans le Logement (IDHEAL).

8 septembre 2021
LE MONDE ISABELLE REY-LEFEBVRE

Le gouvernement envisage un nouvel avantage fiscal pour améliorer la qualité des appartements neufs

La qualité des appartements récemment construits – leur superficie réduite, leurs plafonds de plus en plus bas, leur conception incohérente, leur mono-orientation qui réduit la luminosité et empêche tout courant d’air en été, voire l’absence d’espaces de rangements et de cave –, régresse depuis vingt ans. Ce constat inquiétant est établi, une fois de plus, dans le rapport de l’architecte François Leclercq et du directeur de l’Etablissement public d’aménagement EpaMarne, Laurent Girometti, remis, ce mercredi 8 septembre, à la ministre du logement, Emmanuelle Wargon. Ce travail vient corroborer les résultats d’une récente enquête de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL), intitulée « Nos Logements, des lieux à ménager », et rendue publique le 27 août dernier. Elle mesurait ce recul entre 2000 et 2020, à propos des logements vendus sur plans. Pour remédier à cet état de fait, le gouvernement envisage de concevoir un nouveau dispositif fiscal qui prendrait le relais du Pinel dès 2023 et imposerait le respect de certains critères architecturaux et urbanistiques par les promoteurs.

8 septembre 2021
FRANCE INTER CLAIRE CHAUDIÈRE

Comment enrayer la baisse de superficie et de qualité des logements neufs ?

Un rapport, commandé par le gouvernement à l'architecte et urbaniste François Leclercq et au spécialiste de l'habitat et de l'aménagement Laurent Girometti, confirme la dégradation de la qualité des logements ces dernières décennies et propose des pistes pour inverser la tendance. La dérive est également pointée du doigt dans une étude de l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL) ,rendue publique ces derniers jours, et qui s'est intéressée aux immeubles résidentiels construits en Île-de-France entre 2000 et 2020.

8 septembre 2021
VIE-PUBLIQUE.FR

Rapport de la mission Girometti et Leclercq sur la qualité du logement

7 septembre 2021
MÉDIAPART FRANÇOIS ROCHON (BLOG)

20 ans de politiques du logement à Bunus

Moment incontournable de la fin de l’été, les Entretiens d’Inxauseta se sont tenus ce dernier vendredi d’août, dans le camping de Bunus, un petit village de cent cinquante habitants, perdu dans les collines des Pyrénées-Atlantiques. La journée est organisée par une association locale – le mouvement associatif est très actif dans le Pays basque – grâce à l’implication d’une centaine de bénévoles. 97 exactement qui ont pris part cette année à la préparation, comme le souligne dans son mot d’accueil Jean-Luc Berho. Ancien Vice-Président d’Action Logement et aujourd’hui directeur des analyses et débats du média en ligne News Tank Cities, cette figure bien connue des acteurs nationaux du logement est depuis près de quarante-cinq ans, au plan local, l’animateur de ce lieu original. Au départ consacré à des événements culturels, notamment musicaux, c’est en 2002 que la première manifestation à coloration citoyenne sur le thème du logement y est organisée. À l’époque, Marie-Noëlle Lienemann quitte le ministère du Logement où lui succède Jean-Louis Borloo. Le programme de rénovation urbaine est alors en incubation, suite à la décision d’engager la démolition de certains bâtiments des grands ensembles, dans les quartiers de logement sociaux. Pour donner de l’ampleur à cette dynamique, un plan de financement puissant doit être trouvé, auquel Action Logement entend prendre part. C’est notamment lors des échanges à Bunus que la logique de ce montage se formalise. L’épisode contribue ainsi à la mise en récit du rôle potentiel des entretiens d’Inxauseta dans le débat national. Il en découlera ensuite la volonté de contribuer sur le long terme à la question contemporaine du logement en France, d’autant que la problématique ne cessera de devenir plus préoccupante sur la période, comme l’ont mis en avant les deux premières tables-rondes de l’édition 2021. En matière d’architecture, deux importantes études ont ainsi été présentées par leurs coordinateurs respectifs au début de matinée, l’une achevée, sur l’Île-de-France, l’autre en voie de finalisation dans le cadre d’une commande de l’actuelle Ministre du Logement Emmanuelle Wargon. Les conclusions de la première, énoncées par Catherine Sabbah, Déléguée générale du think-tank IDHEAL, comme les pistes de travail de la seconde, dévoilées par l’architecte François Leclercq, sont clairement convergentes. Sur les deux dernières décennies, la France a certes connu une augmentation du niveau de construction, mais dans le même temps une régression globale de la qualité des logements neufs.

7 septembre 2021
BFM IMMO JEAN-LOUIS DELL'ORO

En région parisienne, les appartements neufs ont rétréci

Les logements neufs rétrécissent et la surface habitable de la plupart des pièces diminue, selon une étude de l'IDHEAL. Ces chiffres sont contestés par les promoteurs. Des cuisines plus petites, un séjour étriqué, des espaces de rangement qui disparaissent… Une étude de l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL) publiée fin août épingle l'évolution des logements neufs au cours des 20 dernières années en région parisienne. L'institut a ainsi épluché 1703 plans de 52 immeubles collectifs d'Île-de-France sur la période 2000-2020.

6 septembre 2021
LE PARISIEN ANNE-LAURE ABRAHAM, DELPHINE DENUIT

Logements neufs en Île-de-France : pourquoi leur surface a rétréci en 20 ans

Diminution de la taille des appartements, chambres trop exiguës, rangements en voie de disparition… En vingt ans, la qualité des logements neufs a baissé en Île-de-France. C’est en tout cas le constat dressé par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL). Cet organisme, qui se veut un lieu de réflexion, vient de présenter une étude sur deux décennies de construction de logements en région parisienne.

6 septembre 2021
LE PARISIEN SÉBASTIEN THOMAS

Diminution de la surface des logements neufs : « J’aurais préféré des sanitaires plus petits et un salon plus grand ! »

Claire vient d’emménager dans un T3 au Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis). Comme elle, de nombreux propriétaires d’appartements neufs ont l’impression d’une grande perte de place dans leur logement : salles de bains et sanitaires trop grands, séjours trop petits... Ces aménagements tant décriés sont toutefois imposés par la loi, afin de respecter la norme PMR (pour personnes à mobilité réduite).

6 septembre 2021
RADIO CLASSIQUE - LA REVUE DE PRESSE DE 8H30 DAVID ABIKER

En Île-de-France, les logements franciliens rétrécissent depuis 20 ans

Selon l'Institut des Hautes Études pour l'Action dans le Logement, en vingt ans les nouveaux logements en Île-de-France ont perdu jusqu'à 15 mètres carrés en moyenne dans les grandes typologies. Plusieurs explications peuvent être avancées à cet état de fait : la demande de logements, toujours plus forte dans la région capitale, qui a poussé les promoteurs à produire plus dans un marché de plus en plus contraint, la loi Pinel et les dispositifs de défiscalisation qui procurent un avantage fiscal pour l'achat d'un logement de moins de 300 000 euros et ont poussé mécaniquement les promoteurs à proposer des logements plus petits, ou encore les prix du m2 de plus de 5000 euros qui encouragent la construction de logements de 60m2 ou souvent moins.

6 septembre 2021
ATLANTICO RÉDACTION

Depuis 2001, la taille et l'habitabilité des logements neufs en Île-de-France ont diminué

Diminution de la taille des appartements, chambres trop exiguës, rangements en voie de disparition… En vingt ans, la qualité des logements neufs a baissé en Île-de-France. C’est en tout cas le constat dressé par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL).

6 septembre 2021
CONSEIL NATIONAL DE L'ORDRE DES ARCHITECTES

Les logements en perte de qualité depuis 20 ans

La qualité des logements neufs en Ile-de-France s’est dégradée au cours des vingt dernières années, révèle une étude de l’IDHEAL publiée le 27 août 2021. Les logements situés en dehors de Paris intra-muros ont « le plus perdu d’espace et de confort », précise sa déléguée générale, Catherine Sabbah, « avec une accélération de la dégradation de la qualité » depuis 2012. Au total, 1700 logements livrés depuis 2000 ont été examinés à travers un référentiel de qualité inédit, intégrant plus de 200 critères et dont plusieurs portent sur « la qualité d’usage » du logement (surface d’usage, « périmètre meublable », etc.). L’étude formule en outre un ensemble de propositions réalistes, que soutient souvent le Conseil National de l'Ordre des Architectes, pour définir et améliorer la qualité des logements.

2 septembre 2021
LIBÉRATION EVA SZEFTEL

Plus petits, mal fichus... La qualité des appartements franciliens a baissé en 20 ans

Dans la foulée du confinement qui a servi de crash-test au parc français, une étude de l'IDHEAL révèle une baisse du « confort d’usage » des logements neufs, et propose des pistes d’amélioration.

2 septembre 2021
ENLARGE YOUR PARIS JOSÉPHINE LEBARD

Depuis 20 ans, les logements franciliens rétrecissent

Après avoir passé au crible les plans de 1703 appartements construits au cours des vingt dernières années en Île-de-France, l'Institut des Hautes Études pour l'Action dans le Logement fait le constat d'une diminution de la taille de nos habitations.

31 août 2021
LE MONITEUR CYRIL PETER

En 20 ans, la qualité des logements franciliens a baissé

Recul des surfaces consacrées au rangement, absence de fenêtre dans l'espace cuisine, etc. La dernière étude de l'Institut des Hautes Études pour l’Action dans le Logement (IDHEAL) constate une dégradation généralisée et continue de la qualité des logements en Île-de-France au cours des vingt dernières années.

31 août 2021
LES ÉCHOS ELSA DICHARRY

Débat houleux autour de la qualité des logements neufs en Île-de-France

Au fil des ans, la qualité des appartements neufs en Île-de-France n'aurait cessé de se dégrader, alors même que leur prix augmentait. C'est le constat sévère dressé par l'Institut des Hautes Études pour l'Action dans le Logement (IDHEAL) dans une étude basée sur l'analyse de 1 700 appartements livrés entre 2000 et 2020 par 24 promoteurs, et publiée le 27 août. Un constat que la profession, de son côté, réfute...

31 août 2021
CHALLENGES ÉRIC TRÉGUIER

Comment nos logements ont rétréci en quelques années

Les logements en Île-de-France ont perdu entre 3,4 m² (dans les Yvelines) et 14 m² (dans l'Essonne) en moyenne en vingt ans, selon une étude de l'institut IDHEAL.

27 août 2021
Le Monde Isabelle Rey-Lefebvre

En 20 ans, les appartements franciliens ont perdu jusqu'à 15% de leur surface dans certains départements

Vue de l’île aux Cygnes, du pont Bir-Hakeim et des immeubles du Front de Seine, 31 juillet 2012. PIERRE VERDY / AFP

La qualité des logements neufs baisse depuis vingt ans, quoi qu’en disent les promoteurs. Leurs superficies se réduisent et les espaces de rangement disparaissent. Les appartements sont moins lumineux et de plus en plus souvent mono-orientés, ce qui est préjudiciable au confort d’été, sans oublier les parties communes des immeubles, de plus en plus mesquines. C’est l’implacable démonstration d’une étude de l’Institut des Hautes Études pour l’Action dans le Logement (IDHEAL), révélée le 27 août au cours des Entretiens d’Inxauseta qui réunissent tous les acteurs français du logement, un week-end par an, au Pays basque.

22 juillet 2021
LE MONITEUR COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Logement : création d'un groupe de réflexion

Le 16 juillet 2021, le Conseil national de l’Ordre des architectes (CNOA), désormais présidé par Christine Leconte, ainsi que l’Union nationale des syndicats français d’architectes (UNSFA) ont été auditionnés par la Commission pour la relance durable de la construction de logements, dite « Commission Rebsamen ». Celle-ci, qui ne compte pourtant aucun architecte dans ses rangs, a été chargée par le Premier ministre d’établir un diagnostic des freins à la construction de logements et de proposer des mesures pour les lever.

Afin de parler d'une même voix pour l’ensemble de la profession, un groupe de réflexion a été constitué qui réunit le CNOA, l'UNSFA, le Conseil régional de l’Ordre des architectes d’Ile-de-France (CROAIF), l’association Architectes français à l’export (AFEX), l’Académie d’architecture, le Syndicat de l’architecture, l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL) et la Mutuelle des architectes français (MAF), ainsi que des personnalités qualifiées.

Dans un communiqué de presse commun, le groupe fait part de son intention de poursuivre une réflexion à long terme appelant à prendre compte la qualité architecturale et la durabilité dans la réalisation de logements et à faire du logement un sujet d’intérêt général. Au delà des propositions émises par le CNOA et l'UNSFA devant la Commission, le groupe de réflexion affirme la nécessité d’une nouvelle politique du logement autour d'objectifs détaillés dans le communiqué.

22 juillet 2021
BATIWEB CLAIRE LEMONNIER

Commission Rebsamen : les architectes s'allient pour porter leurs propositions

Dans le cadre de leur audition par la Commission Rebsamen, le 16 juillet dernier, huit organisations d'architectes ou en lien avec la profession se sont alliées pour constituer un groupe de réflexion et émettre leurs recommandations pour concevoir « une nouvelle politique du logement ». Le point sur ces propositions.

12 juillet 2021
SUD OUEST THOMAS VILLEPREUX

Les débats de Bunus autour du logement se précisent

Les Entretiens d’Inxauseta reviennent le 27 août ! Chaque année à Bunus dans le Pays basque, ils réunissent des élus de tous bords politiques et des professionnels du secteur immobilier pour discuter des nombreuses questions politiques liées au logement. Initié en 2001 par Jean-Luc Berho, ce rendez-vous accueillera la Ministre du logement, Emmanuelle Wargon. Le cru 2021 revêtira en outre des contours particuliers, à seulement neuf mois de l’élection présidentielle de 2022.

Parmi les intervenants, on citera l’ex-ministre Emmanuelle Cosse, le président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), Pascal Boulanger, la directrice générale d’Action logement, Nadia Bouyer, le président de la société d'assurance du bâtiment SMABTP, Jacques Chanut, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, la déléguée générale de l’Institut des hautes études pour l’action dans le Logement (IDHEAL), Catherine Sabbah, les chercheurs spécialistes des politiques du logement, Jean-Claude Driant et Pierre Madec, les architectes-urbanistes François Leclercq et Audrey Charluet, l’administratrice territoriale Anne-Laure David, la chargée de mission auprès du président de la Fédération française du bâtiment, Claire Guidi, ou encore l’urbaniste François Rochon.

25 juin 2021
LE PARISIEN ANNE-LAURE ABRAHAM

Le logement partagé, une solution pour les nouveaux travailleurs hybrides

Avec l’essor du télétravail, de plus en plus de salariés déménagent loin du bureau. Mais la question de l’hébergement près du lieu de travail se pose parfois pour quelques jours par mois. Le logement partagé est en train de se développer.

17 juin 2021
LE MONITEUR CYRIL PETER

Île-de-France : les HLM manquants sont « le fait de 250 municipalités »

Une cartographie des HLM réalisée par l'Observatoire de la mixité sociale (OMIS) et l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL) dans le cadre de leur étude sur la mixité sociale en Île-de-France publiée ce 16 juin, met en avant leur répartition inégale entre communes franciliennes. Ce travail de deux ans a débouché sur une cartographie des logements à loyers très bas, fixés dans l'enquête à moins de 6,22 € le m² mensuel, soit 622 € pour un 100 m². Moins de la moitié du parc HLM francilien (43 %), soit 512 000 unités, respecte ce tarif. Insuffisant pour loger les 762 000 ménages pauvres de la région la plus riche de France. Ces 250 000 HLM manquants sont « le fait de 250 municipalités qui demeurent récalcitrantes à la mixité sociale » selon les enquêteurs. « L’insertion des plus fragiles n’a de sens que si on est capables d’installer des familles en centre-ville, ainsi que dans tous les quartiers et territoires d'habitation ». Pour Olivier Launay, directeur général de l’association Habitat et Humanisme Île-de-France, le compte n’y est pas...

16 juin 2021
LE MONDE ISABELLE REY-LEFEBVRE

Le parc de logements sociaux d’Île-de-France de moins en moins accessible aux familles très modestes

Selon une cartographie dressée par l'Observation de la mixité sociale (OMIS) et l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL), la part des appartements à bas prix diminue et ce type de logements est concentré dans quelques communes, notamment en Seine-Saint-Denis.

15 juin 2021
LE FIGARO JEAN-BERNARD LITZLER

Après le flex office, les logements partagés ?

La SNCF a bien repensé ses abonnements pour séduire les télétravailleurs effectuant deux à trois allers-retours par semaine, en leur proposant des tarifs intéressants ! Et si le logement faisait de même ? Le think-tank dédié au logement IDHEAL (Institut des hautes études pour l’action dans le logement) participe justement à une réflexion sur une nouvelle typologie de logement, un pied-à-terre mutualisé que se partageraient plusieurs utilisateurs pour y habiter quelques jours de la semaine.

4 juin 2021
LE MONDE ISABELLE REY-LEFEBVRE

Un pied en ville, un pied à la campagne : la vague des « bi-résidentiels » dans les régions françaises

La double résidentialité ne date pas d’hier, mais avec le Covid-19 et ses confinements à répétition, elle séduit toujours davantage d’urbains. En tête : des Franciliens qui cherchent à combiner activité et vie citadines avec espace et verdure. A condition d’en avoir les moyens et de s’organiser...

10 mai 2021
LE MONITEUR ANONYME

« Viens chez moi, j’habite dans un logement à temps partiel ! »

Et si la montée en puissance du télétravail faisait émerger un nouveau besoin de logement : celui à temps partiel, avec un minimum de service ? Une équipe composée d’architectes (Majma), chercheurs (IDHEAL) et notaires (Cheuvreux) planche sur ce projet.

3 mai 2021
BUSINESS IMMO SANDRA ROUMI

Quels logements pour les Parisiens à temps partiel ?

L’Institut des Hautes Etudes pour l’Action dans le Logement (IDHEAL) vient de lancer un nouveau sondage sur le thème « Quel logement pour les Parisien(ne)s à temps partiel ? ». En collaboration avec l’agence d’architecture et d’urbanisme Majma, lauréat du concours « Faire Paris 2020 », le Lab de l’Étude Cheuvreux et le Pavillon de l'Arsenal, ce think and do tank s’attache à cerner les contours d’une nouvelle demande de logements, celle des Parisiens et des habitants de régions (ils sont déjà très nombreux) qui viennent travailler à Paris quelques jours seulement par semaine et qui ont élu domicile ailleurs, à la ville ou à la campagne.

30 mars 2021
BATIACTU ANONYME

Habitat durable : découvrez les lauréats du concours d'architecture Archi Jeunes

Comment envisager l'habitat de demain à la lumière des enseignements de la crise du Covid ? C'est pour tenter de répondre à cette question que l'agence Valode & Pistre a lancé, fin 2020, un concours autour de l'habitat durable, ouvert aux étudiants en école d'architecture et aux jeunes diplômés de moins d'un an. Pour sélectionner les lauréats, un jury composé évidemment d'architectes mais aussi de personnalités diverses s'est réuni autour de Denis Valode et Jean Pistre : Najoua Arduini, directrice du développement chez Nexity ; Aldrick Beckman, architecte ; Nicolas Bouzou, économiste et directeur-fondateur d'Asterès ; Thomas Coldefy, architecte ; Marie Godard Le Beux, directrice générale adjointe de Paris Habitat ; Gaëlle Hamonic, architecte ; Guillaume Poitrinal, président de Woodeum et de la Fondation du patrimoine ; ainsi que Catherine Sabbah, déléguée générale d'IDHEAL (Institut des hautes études pour l'action dans le logement).

17 mars 2021

P comme Pereire, ou les débuts de la pierre liquide

Gustave Caillebotte, Un balcon (1880), huile sur toile, collection permanente du Musée Thyssen-Bornemisza, Madrid.

En portugais, leur nom signifie « poirier », dont on se régale des fruits juteux. De fait, personne n’a su mieux qu’eux faire fructifier un capital financier sous le règne de Napoléon III. Émile et Isaac Pereire sont des entrepreneurs et banquiers français d’origine portugaise ayant joué un rôle majeur dans la modernisation financière et le développement industriel de la France du Second Empire. Promoteurs immobiliers, ils ont financé de vastes opérations d’aménagement dans les 8e et 17e arrondissements de Paris, à Marseille et à Arcachon, décrites par Jean Autin dans Les frères Pereire : le bonheur d’entreprendre.

Émile et Isaac Pereire, c’est d’abord une vision renouvelée de la finance. Jusqu’alors gérée en « bon père de famille », la Grande Banque était dominée par les Rothschild et finançait ses opérations en fonds propres. Les Pereire généralisent le crédit et encouragent la spéculation immobilière. En bons précurseurs de la financiarisation du marché immobilier, ils participent à la « liquéfaction du capital ». Selon eux, pour prospérer, l’argent doit circuler, « couler, s’infiltrer partout » et « être le ferment de toute végétation sociale » pour reprendre les termes de Zola dans La Curée, récit à peine déguisé de l’entreprise des deux frères dont le personnage principal, Aristide Rougon dit Saccard, est inspiré. Auparavant considéré comme un bien solide et « ancré » auquel le destin des familles était attaché, le logement devient un simple véhicule de placement financier et de spéculation.

Les Pereire, c’est ensuite le quartier résidentiel de la Plaine-Monceau à Paris. Sous le Second Empire, durant l'expansion économique frénétique que connaît la France entre 1852 et 1873, les deux frères se font un nom et une fortune liés à la pierre. En 1852, pour financer ses travaux de construction à Paris, Haussmann a besoin d’argent. Crédits d’État, crédits municipaux, investissements privés, etc. : toute ligne de financement est bonne à prendre. Émile et Isaac créent alors le Crédit Foncier pour financer la transformation architecturale et urbanistique de la capitale.

Toujours début 1853, Haussmann leur vend 17 hectares de terrain à viabiliser et reconstruire donnant sur la rue de Rivoli à prix préférentiel — 380 francs le mètre carré alors qu’il en vaut déjà 1000 à la Concorde, porte d'entrée des beaux quartiers, seulement un kilomètre plus loin ! En contrepartie, le préfet impose un cahier des charges strict : toits en dos d’âne et zinc, pierres de taille pour les façades des immeubles, galeries piétonnes, arcades équilibrées, frises linéaires. Il exige aussi l’achèvement des travaux pour le 1er mai 1855, date de l’Exposition universelle, soit moins de deux ans de chantier ! Les Pereire acceptent et créent la Société Anonyme de l’Hôtel et des Immeubles de la rue de Rivoli en 1854…

... Qui devient Société Immobilière de Paris en 1858. Rapidement, l'entreprise achète, bâtit, échange et revend des terrains d'un bout à l'autre de la capitale ! Elle construit les grands magasins du Louvre, participe à la rénovation du quartier de l’Opéra, acquiert des immeubles déjà bâtis pour 98 millions de francs le long du boulevard Voltaire (11e), des rues du Caire, Saint-Denis, Réaumur, des boulevards de Sébastopol (2e), des Capucines, des Italiens (9e), des rues Marbeuf, François-Ier, de Marignan, de l’avenue Montaigne (8e), du boulevard Malesherbes et de la rue de Courcelles (17e). Servant d’intermédiaire foncier, elle achète aussi des terrains non-bâtis à Levallois et Clichy qu’elle revend à prix d’or. Enfin, elle fait construire les célèbres hôtels particuliers de la Plaine Monceau dans le 8ème, dont on admire encore les luxueuses façades en se promenant aux abords du Parc Monceau, ainsi que bon nombre d'immeubles de rapport dans le 17ème.

L’entreprise des Pereire laisse un impressionnant héritage bâti à Paris, surtout résidentiel. Toutefois, les dépenses faramineuses des grands travaux haussmanniens auxquels les frères prennent part créent une dette béante et sont critiquées de toutes parts par la Banque de France alors conservatrice, l’aristocratie catholique moralement hostile à la modernisation de la finance, les Rothschild et le milieu de la Haute banque majoritairement ashkénaze, qui considèrent avec mépris ces parvenus sépharades.

À partir de 1863, à cause de tensions politiques à l'international, les difficultés des Pereire se multiplient. Les investisseurs deviennent craintifs. Les immeubles ne se vendent plus. Déjà volatiles, les cours boursiers deviennent instables. En 1866, le Crédit mobilier qui détient des créances considérables sur le patrimoine de la Société immobilière en est réduit à lancer une augmentation de capital en bourse pour se refinancer, suscitant la défiance d’actionnaires anxieux. La panique boursière provoquée par la victoire de la Prusse contre l’Autriche à Sadowa scelle définitivement le sort des deux frères qui doivent démissionner de leurs propres banques en 1867, démis par leur actionnariat. Six ans plus tard, en 1873, la première bulle immobilière de l’Histoire éclate et les loyers parisiens s’effondrent brutalement. Comme le disait Marx, « tout ce qui est solide se volatilise » un jour. Même la valeur de la pierre, liquide, qu’Émile et Isaac pensaient maîtriser...

9 mars 2021
LA CROIX STÉPHANE DREYFUS

Le logement, un espace pour être bien avec les autres

Les confinements ont souligné l’importance d’ouvrir le logement sur l’extérieur mais aussi de pouvoir moduler les espaces au gré des besoins, explique Monique Éleb, psychologue et sociologue de l’habitat. Une étude de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement vient confirmer cette affirmation. IDHEAL a recueilli, du 25 mars au 5 mai 2020, 8 000 réponses à son questionnaire sur la manière dont chacun avait vécu le confinement dans son logement. 11 % des répondants considèrent que leur logement a rendu la période difficile à vivre. Parmi eux, 92 % vivent en appartement. « Nombre de réponses évoquent l’étroitesse des pièces, le manque de lumière, le besoin ou l’envie de pousser les murs, de sortir, tout en restant chez soi, sur son balcon, sa terrasse ou dans son jardin », analyse Catherine Sabbah, déléguée générale d'IDHEAL.

3 mars 2021

O comme Ostiarium, obscur objet fiscal

Façade murée du quartier des Carmes à Toulouse.

Il transforme votre maison en grotte et vous, en chauve-souris ou en rat cavernicole. L’ostiarium est une taxe frappant les portes des maisons. Pas bête, toutes en ont une ! Rendons à César ce qui est à César : cette idée lumineuse date de 46 avant Jésus-Christ et de la promulgation de la Lex Julia Sumptuaria, une des lois « somptuaires » réglementant et imposant les habitudes de vie et de consommation résidentielles des citoyens romains. Officiellement, cet instrument fiscal vise à mettre à contribution l’ensemble des propriétaires de l’Empire. Officieusement, son dessein est plus sombre... À propos de l'ostiarium et du columnarium (impôt similaire sur les colonnes), le sénateur romain et gouverneur de Syrie, Metellus Scipio, déclare cyniquement vouloir : « suffoquer les provinciaux et oppresser le peuple par l’impôt ». L’étouffement fiscal se double d’une réelle asphyxie. Pour ne pas payer, les Romains se calfeutrent dans des logements moins ouverts, aérés et éclairés, qui favorisent le développement de maladies infectieuses, pulmonaires et articulaires liées à l’air vicié ou au manque de vitamine D.

Quelque siècles plus tard, à l’époque des Lumières où le fruit de l’impôt dont bénéficie la Noblesse est perçu comme une injustice par le Tiers-État, l’ostarium, pourtant disparu, est toujours cité comme instrument de tyrannie par les intellectuels de la bourgeoisie éclairée. Ces derniers souhaitent faire souffler un vent frais et nouveau sur une société d’ordres nécrosée par les inégalités. Dans l’Encyclopédie, Diderot et d’Alembert le définissent comme « tribut que l’on faisoit payer de porte en porte et qui étoit très injuste, puisqu’il étoit égal pour le pauvre et le riche ». Injuste mais rentable... Ironie du sort, juste après la Révolution, le Directoire réinstaure un prélèvement exactement similaire, appelé sans détour « impôt sur les portes et fenêtres ». Le Législateur ne manque pas d’air ! Le principe d’inviolabilité de l’habitat privé venant d'être sanctuarisé par l’article 2 de la DDHC en 1789, ce dernier fourbit le sombre dessein de comptabiliser le nombre d’ouvertures des logements comme signe extérieur de richesse et donc comme base de l'assiette fiscale, plutôt que la surface habitable ou le nombre de cheminées intérieures.

L’impôt sur les portes et fenêtres fait partie des « quatre vieilles ». Avec la contribution foncière (revenus des terres), la mobilière (rente locative) et la patente (revenus industriels et commerciaux), il est l’une des quatre contributions directes aux finances publiques établies à la Révolution qui sévissent tout au long du XIXe siècle : siècle des « maisons meurtrières » et du repli sur la sphère de la domesticité, de la famille bourgeoise mononucléaire, confinée et étriquée et des plus sordides affaires civiles qui lui sont liées, comme celle de la Séquestrée de Poitiers décrite par André Gide. La principale victime de cet impôt indexé sur la surface totale des portes et fenêtres (encadrements compris) d’une habitation est la classe ouvrière, emmurée par les bailleurs-Thénardier qui condamnent les fenêtres des logements mis en location afin de réduire leurs charges. Dans Les Misérables, Victor Hugo fait d'ailleurs dire à l'un de ses personnages, l'évêque de Digne : « Il y a en France trois cent quarante-six mille maisons qui n'ont qu'une ouverture à cause d'une chose qu'on appelle l'impôt des portes et fenêtres. Mettez-moi de pauvres familles dans ces logis-là, et voyez les fièvres et les maladies. Hélas ! Dieu donne l'air aux hommes et la loi le leur vend ».

L’ostiarium moderne est accusé de pousser à la construction de logements insalubres, sombres, mal aérés, munis de trop petites ouvertures et dans lesquels les locataires pauvres se sentent emprisonnés. Il faut attendre la première moitié du XXe siècle pour que cet impôt fasse l’objet d’une première dispense, d'abord en 1921 dans les habitations à bon marché (HBM). Sous l’influence des hygiénistes, sa suppression définitive est obtenue cinq ans plus tard, en 1926. Il a toutefois laissé des traces dans le patrimoine historique bâti, par la condamnation de nombreuses ouvertures dont ne subsistent souvent que les encadrements, parfois juste le linteau et les jambages, et parfois les meneaux.

3 mars 2021
MIES (WEBMAGAZINE)

Logement : rencontre avec Catherine Sabbah d'IDHEAL

24 février 2021

H comme Habiter

Le terrain est mouvant... Nombre d’illustres se sont essayé à creuser cette notion et ont tracé de profonds sillons dans la philosophie comme dans les théories de l’architecture et de l’urbanisme. Désignant et pour longtemps ce que dans l’Histoire, « Habiter » pouvait bien signifier pour l’Homme, avec 3 grands « H ». Commençons par du concret : mettons que j’habite la terre… C’est un peu vague, néanmoins c’est encore pour l’instant la seule possibilité. Et ce simple constat me place dans un endroit unique de l’univers. Où et dans quelles conditions ? Mes possibilités sont subitement multipliées par cinq puisque je peux choisir un continent. Vertige de la multiplication, plus de 140 pays me tendent les bras et des centaines de milliers de villages, des millions de quartiers dans des centaines de mégalopoles.

Me voilà dans une rue ou ce qui y ressemble, étroite ou large, plus ou moins goudronnée. Quelqu’un a-t-il déjà calculé le nombre et la longueur de ces bandes qui cheminent entre deux rangées d’habitations ou qui mènent généralement jusque chez quelqu’un, jusqu’à une porte ? Puis-je me rapprocher davantage? Il me semble difficile de compter : quelque 7 milliards d’humains, combien cela ferait-il de maisons, sachant qu’un certain nombre n’en ont pas. Ça se complique : est-ce à dire qu’ils n’habitent nulle part ?

Moi, J’habite là. C’est chez moi avant d’être un logement, un logis, un foyer, un appartement ou une maison, affublé de tous les noms que lui donnent nos langues, nos cultures et les formes que lui assignent nos architectures. C’est là que je me sens bien, si je peux m’y reposer, m’y réjouir, y grandir, seul ou avec d’autres, m’y abriter de la pluie ou des ennuis de la vie. C’est là que j’ose me dévêtir, me confier et m’abandonner. Je peux vivre là parce que j’y ai un toit. Mais s’abriter suffit-il à habiter ?

Il serait trop simple et un peu rapide d’enfermer le concept entre des murs et un toit et de retirer au verbe sa forme active. Si le logement s’arrête juridiquement pour chacun au pas de la porte de son appartement ou à la grille de son jardin, habiter consiste bien à être au monde, aux autres, donc à agir. En prenant soin du déjà-là, suggère Heidegger, sans abîmer le monde. En le ménageant, ce qui laisse pensif sur le sens de ce « a » privatif qui nomme « a-ménagement » toutes les actions de transformation du territoire ayant pour but, précisément, de le rendre habitable, pour notre espèce et pour les autres.

Habiter représenterait ainsi un contrat social défini à la fois par un système de règles collectives que l’on pourrait nommer «cité» dans laquelle se nouent et se dénouent des relations humaines ; et par un tracé entre espaces vides et bâtis que l’on pourrait nommer «ville», suivant la distinction qu’en fait le sociologue américain Richard Sennett. Les politiques décident du premier, les ingénieurs, les urbanistes et les architectes du second, plus visible. Même si elles le reflètent souvent, les constructions transforment plus sûrement et plus durablement les paysages qu’un régime politique, qui lui peut basculer. La nature de ces deux structures qui organisent le monde et attribuent à chacun une place dans l’espace et dans l’échelle sociale définit pourtant bien la manière de co-habiter, collective et individuelle. La brutalité des sociétés se mesure, entre autres critères, à l’attention qu’elles portent à cet « habitat », compris comme un espace et un temps que l’on ne peut réduire à ses seules dimensions physiques. Revenons au concret, la qualité des Etats se jauge aussi à la manière qu’ils ont d’entasser leurs membres ou de leur permettre, depuis chez eux, une barre de 1000 logements, une cabane perdue dans les bois ou l’espace qu’ils s’approprient dans leur ville, d’ouvrir une perspective sur un autour visible et intelligible et de développer une pensée sur le monde.

23 février 2021

B comme Bâdguir, le double effet « kiss cool »

Les capteurs de vent du Complexe Amir-Chaghmagh à Yazd. © Jean Vannière.

Brrrr… Fujitsu, LG, Mitsubishi, Panasonic, Toshiba et autres fabricants de clims peuvent bien aller se rhabiller, au sens propre comme au figuré ! Place au bâdguir, l'attrape-vents dont le nom, aussi évocateur que poétique, désigne les tours émergeant des villes basses de certains déserts. Le bâdguir est une sorte de cheminée qui fonctionnerait à l’envers, une tour rectangulaire, hexagonale ou octogonale percée et exposée de façon à intercepter les vents qui soufflent à son sommet. Encore faut-il qu’ils ne soient pas brûlants, moins, en tout cas, que l’air stocké à l’intérieur. Ces constructions millénaires ont été pensée pour capter les courants les plus froids, et permettent d'apporter un air vif et frais dans les logis sous la chaleur de l’été indien… ou plutôt iranien ! C’est dans la région de la Perse historique en particulier à Yazd, ville « du désert » et « capteurs de vent », qu’ont été construits les plus beaux bâdguirs. Le palais Dowlat-Âbâd y abrite le plus haut du monde, dont la colonne octogonale s’élève à 35 mètres. La plupart mesurent plutôt de 5 à 20 mètres, taille optimale pour un refroidissement de 13 degrés celsius à la base.

Simple et efficace
Deux principes, l’un climatique, l’autre mécanico-thermique, confèrent aux bâdguirs leur simplicité et leur génie écologique. Susan Roaf, architecte, écologue et enseignante à Oxford, s’est prise de passion pour ces édifices, jusqu’à leur consacrer une thèse et un ouvrage, Ecohouse, explorant les techniques architecturales vernaculaires au service de la transition écologique au XXIème siècle. Tout est pensé pour accentuer l'effet réfrigérant : leur matériau, de l'adobe, un mélange d'argile et de paille isolant, leur forme longue et étroite qui oriente la circulation descendante de la moindre brise d’air jusqu’à la base de l’édifice creux. Au contact de la cavité plongée en permanence dans la pénombre, l'air se rafraîchit. En l’absence de vent, le second effet, l'effet « cheminée», prend le relai. La dépression créée par la différence de température fait remonter l’air chaud dans les pièces de la maison et dans la tour. Il s’en échappe en créant un courant d’air qui ventile les pièces reliées à la base du bâdguir.

Simple et sain
L’effet réfrigérant est encore plus efficace si le bâdguir est relié à un « qânât », canal sous-terrain approvisionnant les habitations des zones désertiques en eau potable au contact de laquelle l’air se refroidit. À la base des bâdguirs les plus performants et avant l’apparition des congélateurs, les familles bourgeoises iraniennes avaient d’ailleurs aménagé des « yakhtchals », pièces isolées par des murs de plusieurs mètres d’épaisseur, dans lesquelles on parvenait à conserver de la glace ! En plein été, dans des villes du désert où le thermomètre peut monter jusqu’à 50 degrés, le bâdguir garantit ainsi une température avoisinant les 15 degrés au niveau de l’orifice distribuant l’air réfrigéré au rez-de-chaussée. La qualité de l'air sans cesse renouvelé surpasse aussi celle de l'atmosphère « en conserve » nourri de microparticules passé par les filtres encrassés de nos clims.

Simple et plein d'avenir
Pourrait-on remplacer les climatiseurs hideux et monstrueusement énergivores qui mitent les façades des logements de nos métropoles? À l’heure où nos centre-villes anciens et minéralisés se révèlent particulièrement vulnérables au réchauffement climatique et au phénomène résultant des îlots de chaleurs, la technique du bâdguir peut apparaître adaptée à des zones plus tempérées, en ajoutant un clapet qui permet de les fermer l’hiver. Ces tours « réfrigérantes », très répandues dans l’industrie, pourraient trouver un large usage domestique... et le trouvent en fait déjà, notamment au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ! Adaptées aux climats chauds et neutres en énergie, pas besoin de chercher très loin pour leur garantir un avenir !

5 février 2021
LA GAZETTE DES COMMUNES VALÉRIE LIQUET

Loi SRU : une mixité sociale de façade ?

L'Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL), créé le 25 novembre dernier, a présenté mardi 4 février sa première étude. Réalisée par deux économistes spécialistes de l’évaluation des politiques publiques, elle s’attaque à mesurer l’efficacité de l'article 55 de la loi SRU du point de vue de l'objectif de réduction de la ségrégation spatiale et conclut à une mixité « de façade ».

4 février 2021

A comme Airbnb...zzness

Trois siècles après la mort de Bernard Mandeville, une autre « fable des abeilles », moins heureuse, mériterait de nous être contée. L’abeille en question s’appelle Airbnb. Elle souhaite disrupter le modèle économique de nos « ruches » afin de produire plus de miel. Elle a révolutionné le fonctionnement du parc locatif de nos villes. Moderne et individualiste, rebelle mais capitaliste, Airbnb fait son nectar de l’ubérisation de la ville et du droit locatif, à l’ombre des fleurs d’amandiers et de jacarandas de Californie. Au pays du lait, du miel… et des business angels !

Fin 2007, avec l'aide de l'investisseur et homme de réseaux Nathan Blecharczyk, deux jeunes designers, Brian Chesky et Joe Gebbia, créent la société « matelas gonflable et petit déjeuner », « AirBed & Breakfast » . Ils vivent alors à San Francisco, immense et vrombissant couvain à ciel ouvert, incubant les jeunes cadres créatifs de demain. Ces deux-là ont l'idée de proposer des locations de courte durée aux touristes et à ces abeilles solitaires d’un genre nouveau que sont les nomadic workers : ces jeunes surdiplômés, hyper-mobiles trimballant leur bureau dans un laptop et leur maison dans une valise. Ils se déplacent en essaim, au rythme des vols internationaux entre deux villes-monde où le prix d’une nuitée hôtelière dans une chambre simple dépasse 100 euros, d’où l’intérêt de leur proposer un pool de logements locatifs à bas prix. À l’époque, San Francisco connaît déjà une fièvre démographique et immobilière liée au développement des startups informatiques qui ont colonisé toute la Silicon Valley. Les prix des logements se sont envolés ! L’équation marchande d’Airbnb est alors toute trouvée : pour les propriétaires ou les locataires, le service proposé offre l’occasion d’accueillir un « hôte » et d’empocher un joli pactole en louant ou sous-louant son logis à un loyer mensuel plus élevé que celui offert par la location traditionnelle. Les voyageurs en transit trouvent un toit moins onéreux que l’hôtel et la promesse d’une expérience, authentique et locale. Il y en a pour tous les goûts et budgets, de l’alvéole minable à la loge digne de la reine des abeilles !

Du buzz au bizz
Rapidement, Airbnb essaime partout dans le monde. Des centaines de milliers de logements du parc locatif traditionnel sont transformés en locations touristiques, pour quelques jours ou pour de bon. Le « bzz » de l’abeille devient « buzz », puis « bizz’ ». Le chiffre d’affaire et la capitalisation boursière de l’entreprise s’envolent avec le volume du précieux pollen qu’elle extrait, en butinant les frais de services facturés aux usagers. Alors que l'entreprise ne possède même pas un mètre carré. Situés dans les cœurs des principales villes, les grands logements, et plus encore les petits, sont massivement convertis en locations touristiques et mis en ligne sur le site de la firme. Le modèle se développe partout, même dans les territoires ruraux et peu tendus, où il représente ceci-dit l’opportunité d’entretenir et valoriser des résidences secondaires ou des logements anciens sous-utilisés ou désaffectés.
Dans la ville cependant, le bilan d’Airbnb est moins vertueux. Pêchant par excès de gourmandise, l’abeille est aujourd’hui responsable d’une raréfaction de l’offre locative dans les quartiers centraux des grandes villes. Vorace, elle a en réalité tout d’un faux bourdon : sa promesse vaporeuse annoncée dans sa formule marketing « belong anywhere » (« chez soi partout dans le monde ») est une supercherie et surtout une menace pour les vrais habitants. Plus prompte à extraire le miel qu’à le produire, elle est responsable d’une forte inflation des loyers et d’« expropriation différée » qui prive les ménages locataires en début de parcours résidentiel d’une partie du parc auquel ils pouvaient prétendre.

L'abeille vrombit moins fort
La chute de la fable pourrait changer. Aujourd’hui, de nombreuses municipalités tentent d’encadrer ou d’interdire les locations touristiques dans leurs centres. A Paris, Londres, Madrid, Seattle, San Francisco, Amsterdam… il est illégal de louer son bien plus de 60, 90 ou 120 jours par an. Berlin interdit de louer plus de 50% de la surface de son logement pour une courte durée. Tandis que Vienne a purement et simplement interdit toute location Airbnb dans plusieurs de ses arrondissements. L’adversité administrative n'est pas seule à menacer l'insecte. La crise du Covid remet également en cause la pérennité du modèle économique somme toute très « liquide » et précaire de la ruche Airbnb. Le déclin massif du nombre de clients internationaux, lié à l’effondrement des voyages l’a fortement fragilisé en l’espace de quelques mois. Trop gloutonne la reine a dû licencier un quart de son personnel -1900 employés-, afin de faire face à un bilan commercial annuel lourdement déficitaire.

6 janvier 2021
LE JOURNAL DU GRAND PARIS ANONYME

CITY Linked publie « Questions à toits multiples »

L’ouvrage, co-écrit par Catherine Sabbah, déléguée générale de l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL), et CITY Linked, agence de conseil en stratégies urbaines au service des créateurs de la ville, offre un large panorama de la situation du logement en France. A travers différentes questions thématiques autour du « toit » des Français, l’ouvrage interroge un élément essentiel : l’habitation comme lieu de vie.

6 janvier 2021

Z, de la Zone au Zan, le zig-zag du Z urbain

C’est la zone… interlope, dangereuse, attirante et dérangeante. La zone des trafics, de la débrouille. A Paris, juste au-delà de la ceinture des boulevards des Maréchaux, déjà plus tout à fait la ville, pas encore la banlieue. « No man’s land », « non aedificandi », plutôt définie par ce qu’elle n’est pas lorsqu’elle n’est suivie d’aucun adjectif. Elle fut aussi rouge et interdite, libre ou occupée.

Ainsi qualifiée, la "zone" détermine un périmètre, dont les limites fixent certaines règles, parfois à l’écart du droit commun, ce qui est bien pratique pour aménager le territoire. Le terme est si prisé par l’administration qu’il est, depuis des décennies, ré-utilisé pour désigner des lieux qui troquent leur nom contre un statut facile à repérer, à classer et souvent avantageux. Il n’est plus ici question de lieux dit, de paysage, de topographie ou d’histoire, mais d’avantage fiscal, de taux bonifiés ou de prix au mètre carré.
Ainsi, des grands ensembles : les « ZUP », ou les zones à urbaniser en priorité à partir de 1959 pour accueillir les populations nouvelles, font oublier qu’on est à Marseille, à Bron ou à Clichy. Ainsi des nouveaux quartiers qui les suivent à partir de 1967, les « ZAC », les zones d’aménagement concertés qui définissent un mode de faire et bientôt des typologies urbaines, se ressemblent et finissent pas zaccager le paysage. Ainsi des « ZRR », les zones de revitalisation rurale dans lesquelles les constructions de résidences de tourisme censées relancer ou retenir l’économie, sont encouragées par des avantages fiscaux entre 1995 et 2005. Et encore les merveilleuses « ZPPAUP » entre 1983 et 2010, zones de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (devenues AVAP). Plus récemment, les zones ont gagné une personnalité, presqu'un caractère. Elles sont tendues, stressées, et forcément peu amènes, quand la demande de logement y est forte, détendues, relax, quoi -ou désertes-, et à nouveau accueillantes lorsque personne ne veut plus y habiter.
A l’exception des enclaves qui visent à préserver les vues, l’espace, bâti ou pas, dans la « zone AU » (à urbaniser), il est toujours question de construire. Sauf pour ceux qui luttent contre les grands projets plus ou moins utiles, au nom de la défense de l’environnement, d’un mode de vie ou d’une opposition frontale au capitalisme. Avec défi et humour ils ont gardé les codes tout en détournant les « zones d’aménagement différé », en « ZAD », différé à jamais et surtout à défendre.
Ces « Z » administratifs dont on finit par reconnaître les images standardisées racontent en deux dimensions les méandres de la ville moderne et banale qu’Apollinaire a si bien su capter dans le long poème qui ouvre Alcools. Il parvient à rendre à la Zone toute sa richesse, sa diversité, son humanité habitée en évoquant des bribes de villes qu’une errance peut laisser entrevoir. En 2020, le Z urbain a pris un sacré virage sémantique en passant de la zone au zéro artificialisation nette des sols. Il faudra bien du zèle pour passer de la zone au zan.

18 décembre 2020

F comme Foncier

Le "foncier" a le pouvoir magique de transformer sa valeur...

Comme foncier ou comme "F word..." ? Restons polis, mais tout de même, ce foncier est bien embêtant! Un vrai souci. Car il est presque toujours flanqué de quelques acolytes comme "pollué", "enclavé", et surtout ses deux inséparables, “trop" et “cher". Le foncier est toujours trop cher. Sinon, on emploie un autre mot et on parle d'un beau terrain, d'une parcelle, en laissant aux spécialistes de l’aménagement urbain ou de l’immobilier ce "foncier". Il sonne un peu technique et ôte à la terre toute la symbolique archaïque et poétique. La notion est pourtant simple: le foncier, c’est le sol, la condition même de toute construction, puisqu’il faut bien la poser quelque part. Mais ce mot-là n'évoque ni la douceur de l'herbe qui y pousse, ni le goût de la pomme qui finit toujours par tomber, il ne parle que d'argent. Car le foncier a un super-pouvoir, celui, selon l'endroit où il se trouve, de multiplier sa valeur.

Ce n’est évidemment pas le prix de la pelletée de terre à excaver qui varie, mais selon les documents d’urbanisme en vigueur dans le secteur, ce que l’on peut construire sur ces mètres carrés. Un projet d’immeuble et un PLU transforment ainsi le foncier en "charge foncière" ou en "droits à construire", qui représentent la surface constructible maximale autorisée, et déterminent son prix. L’alchimie est d’autant plus troublante qu’une fois bâti, le "foncier" disparait, mêlé à la valeur intrinsèque du bâtiment, jusqu’à son éventuelle démolition. Le cycle magique peut alors recommencer.

Selon que sa parcelle est située en rase campagne où personne ne veut vivre, ou bien au coeur d’une agglomération où tout le monde se précipite et où les promoteurs se livrent une concurrence acharnée, selon la hauteur ou le volume autorisés, le vendeur de foncier verra ses gains s’envoler. Et aura tout intérêt à céder son terrain à celui qui lui offrira le plus gros chèque. A priori, un promoteur capable de bâtir un immeuble de 4 étages plutôt que son voisin désireux d’agrandir sa propriété. Est-ce juste? Ce n’est pas une question que se pose la spéculation immobilière qui encourage cette "rente", elle aussi "foncière". Elle désigne le prix atteint par des terrains qui, sans bouger -par définition-, profitent de tout ce qui se passe autour d’eux: changement du plan local d’urbanisme qui transforme en un secteur constructible une zone jusque là réservée aux betteraves, arrivée d’une route, d’une gare ou d’un métro... Ces décisions politiques, publiques et financées par la collectivité, (c'est à dire nous), ont ainsi presque toujours pour effet de faire exploser les prix de foncier, augmenter les prix de vente des bâtiments construits dessus, tout en enrichissant des propriétaires qui parfois n’en attendaient pas tant.

Le foncier est-il condamné à être toujours “plus“ ou “trop“ cher? La main invisible du marché peut tasser les prix, si la demande disparait ou si des nuisances provoquées par exemple par le changement climatique rendent des terres,-même constructibles- inhabitables. Des gestes politiques et autoritaires peuvent aussi limiter le prix des terrains à vendre, dans des secteurs d’aménagement. Mais plus l’urbanisation se développe, plus le foncier devient rare, là où il est convoité. Et plus les promoteurs sont prêts à le payer cher sans menacer leurs bénéfices, puisqu'ils répercutent cette valeur du sol dans les prix de vente des bâtiments construits dessus. ce qui mène à un intéressant syllogisme faisant de l'achat d'un foncier toujours une bonne affaire: après tout, ce qui est rare est cher, un foncier bon marché est rare donc un foncier bon marché est cher, mais vaut le cou(t)... CQFD.

11 décembre 2020
LIBÉRATION SIBYLLE VINCENDON

Pourquoi les logements neufs sont petits et mal fichus

Aucune fatalité. En mettant face-à-face un promoteur et un chercheur, l'Institut des hautes études pour l'action et le logement (IDHEAL) donne les clés économiques de cette néfaste évolution.

8 décembre 2020
LE MONDE ISABELLE REY-LEFEBVRE

Loi solidarité et renouvellement urbain : 20 ans de volontarisme au nom de la mixité sociale

Il y a vingt ans, le 13 décembre 2000, la loi solidarité et renouvellement urbain (SRU) était adoptée. Avec une mesure très emblématique : l’article 55 qui imposait (et impose toujours) aux communes urbaines de se doter, sur leur parc de résidences principales, de 20 % de logements sociaux d’ici à 2020, un seuil concernant 60 % des communes depuis la loi Duflot de 2013, et porté à 25 % en 2025. Vingt ans après, où en est-on ? Entre 2000 et 2020, 900 000 logements sociaux ont été construits dans les communes déficitaires. Mais il aura fallu vingt ans de volonté politique ferme et repousser plusieurs tentatives parlementaires – et sur le terrain – de contourner cette loi ou d’en réduire la portée.

« Les logements HLM sont indéniablement mieux répartis dans les agglomérations urbaines et la loi SRU a stimulé leur construction là où ils manquaient » observe Tristan-Pierre Maury, économiste et coauteur de l'étude intitulée « Vingt ans après, la loi SRU produit une mixité de façade » et publiée par l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL). « Cependant, le mouvement a été contrarié par l'appauvrissement, dans la même période, des locataires de ce parc social qui se spécialise peu à peu dans l'accueil des plus pauvres. De plus, les 20% des ménages les plus riches se rassemblent plus que jamais dans des enclaves de prospérité et, lorsque la loi SRU a permis la construction de logements sociaux dans les quartiers chics, ils sont plutôt occupés par la frange la moins précaire des publics éligibles à un HLM », une population qui correspond aux 4ème, 5ème et 6ème déciles de revenus des ménages français, c'est-à-dire aux classes moyennes. La ségrégation socio-spatiale est particulièrement exacerbée en région parisienne et s'y renforce encore plus fortement qu'ailleurs, comme l'a montré une récente étude de l'Institut Paris Région.

9 novembre 2020

F comme Fenêtre

«Le mur a beaucoup fait pour l’homme. Par son épaisseur et sa résistance, il l’a protégé de la destruction. Mais bientôt, la volonté de regarder au dehors a poussé l’homme à faire un trou dans ce mur», écrit l’architecte Louis Kahn. Ouvrant une brèche dans la structure, la fenêtre fragilise l’édifice tout en lui offrant une fonction: la lumière rend les lieux habitables, comme la possibilité d’y entrer ou d’en sortir. Par la fenêtre la pensée s’évade et, plus subrepticement ceux qui font...le mur. La transparence ouvre des perspectives, une vue ou, comme dans l’architecture japonaise, s’arrange pour mettre en scène l’extérieur, à l’intérieur, en encadrant un tableau naturel qui change avec les saisons.

Ces jours-ci, la fenêtre retrouve ses fonctions : ventilation naturelle prônée par le courant hygiéniste des années 20, vital en milieu confiné; mesure du temps qui passe à l’aune de la luminosité, et... contrôle social : les va-et-vient de lumières et les ombres chinoises disent qui n’est pas là et révèlent les rythmes de vie de nos voisins. Appuyé au bâti, ou assis sur le bord de leur fenêtre, les uns se saluent. Les autres, postés derrière un rideau s’épient. Ils ont, un temps, applaudi un drame qu’ils ne voyaient pas, mais dont ils voulaient remercier les acteurs, Ces protections varient avec le soleil : vitres entièrement dégagées au nord de l'Europe, grande ouvertes, "à l’anglaise" dit-on, les battants dirigés vers l’extérieur pour capter le moindre rayon. L’ouverture à la française se fait vers l’intérieur déjà dissimulé par l’épaisseur du mur et "mange" de la surface lorsque les fenêtres sont ouvertes. Encore plus au sud, les moucharabieh diffusent une douce lumière filtrée par la dentelle de pierre ou de bois qui permet surtout de voir sans être vu, tout comme les jalousies qui portent bien leur nom. Les réglementations sur le climat ont rajouté une dimension moins poétique aux fenêtres. Considérées comme des zones de déperdition d’énergie, elles ont parfois tendance à rétrécir, comme les pièces qu’elles éclairent. Et à devenir les meurtrières d’une architecture généreuse.

9 novembre 2020

M comme Mètre Carré

Ce n’est pas bien grand un mètre carré, une grande taie d’oreiller, un carré d’un mètre de côté. Mais cette surface a tendance à fuir les villes denses à tire-d’aile. Au point qu’aménageurs et promoteurs courent toujours derrière, prêts à dépenser des fortunes pour en attraper quelques-uns. Le plus simple consisterait évidemment à aller les cueillir là où ils poussent en pagaille, les campagnes en sont pleines. Le hic, c’est que même petit, le mètre carré est intransportable. Il faut faire avec, là où il est. Or le mètre carré naturel a deux contraintes majeures. D’abord, il fait partie des réserves agricoles ou de terres non bâties qu’il faudrait laisser intactes, Ensuite, et malgré cette valeur refuge qu’on lui attribue désormais, loin des gares, des routes et des villes, il ne vaut pas un clou.

Bizarrement, le mètre carré pollué, se vend un peu mieux, à condition qu’il soit bien situé et briqué. Les villes ont grandi, absorbant peu à peu les terrains et les bâtiments des usines dont l’activité était reléguée plus loin. Ces anciennes halles, ces grands vides, ces «trous noirs» font d’excellents sites à rebâtir ou à rénover, malheureusement souvent bourrés de métaux lourds et d’hydrocarbures. Une fois frotté et astiqué, plus propre que jamais, le mètre carré industriel devient un intéressant placement. Le mètre carré bâti, plus ou moins ancien, à agrandir ou rénover ne fait pas toujours rêver les opérateurs. Ils aiment apercevoir l’horizon et imaginer le leur... Ici il faut faire avec l’existant, tenir compte du déjà là, d’un quartier, de bâtiments, et même d’habitants encombrants qui voudraient aussi donner leur avis. Ce mètre carré là, parfois un peu cabossé, pas très droit est pourtant désormais le plus abondant dans les villes.

Faut-il encore le mesurer. A Paris officie un notaire au nom prédestiné: depuis 1997, Maître François Carré, comme tous ses pairs, s’assure qu’un texte presqu'aussi géométrique que lui, est bien respecté lorsqu’il scelle la vente d’un appartement. La loi «Carrez», du nom de son rapporteur, prédestiné lui aussi, certifie que le nombre de mètres carrés vendus est bien le bon. Elémentaire... Il suffirait de prendre un mètre. Pas tout à fait, le législateur a tous les droits, même de changer la manière de faire des additions, dans le but utile, ont dû penser députés et sénateurs de l’époque, de ne compter -et donc ne payer- que la surface «habitable». Ainsi disparaissent les épaisseurs des murs, les surfaces où les grands ne tiennent pas debout, à moins d’un mètre quatre vingt, les balcons, les trémies d’escaliers, les embrasures de portes fenêtres...C’est faire bien peu de cas de tout un tas d’endroits bien réels. Des coins où l’on se sent bien, des greniers où l’on s’invente des vies, des balcons où l’on prend le soleil ou des nouvelles de son voisin, des entre-deux portes où l’on se cache, tout un univers spatial qui prend ces jours-ci une autre dimension. La loi ne s’applique d’ailleurs toujours pas aux maisons individuelles, sans doute trop pleines de ces recoins non mesurables donc inexistants? Etalon du prix de l’immobilier, le mètre carré a aplati tout ce qui fait l’unicité d’un chez soi et mené à la fabrication de boites de plus en plus carrée, simples et efficaces. A un marché dont le cours monte et descend selon les cycles économiques et n’a plus grand chose à voir avec le plaisir d’habiter. Faut-il passer au mètre cube, pour tenir compte des volumes ? Ou inventer une autre unité de mesure, le «mètre coeur» par exemple qui tiendrait compte pour fixer le prix d’un logement de quelques critères qui n’en ont justement aucun.

6 novembre 2020

C comme Confinement

Le lien est récent. L’avenir dira s’il était conjoncturel. Ou bien si confinement rimera désormais avec logement. En 2020, d’un bout à l’autre de la planète, plusieurs milliards de personnes ont été renvoyées à leurs pénates, cloitrées chez elles, plus ou moins strictement et plus ou moins longtemps. Enfermées, entre 4 murs, dans un espace souvent trop petit pour accueillir, 24 heures sur 24, tous ses occupants, y travailler, y faire l’école, du sport et la cuisine. Qui a le premier employé ce mot ? "Confinée" se dit «d'une population animale trop nombreuse dans un espace trop restreint», ce qui renvoie parfaitement au sentiment d’oppression que peuvent provoquer des séjours trop longs dans l’espace souvent exigu de l’habitat en ville. Le terme était jusqu’alors plus usité, d’après la sémiologue Mariette Darrigrand, dans la sphère juridique et pénitentiaire, donc punitive. Cette connotation renvoie aux anglo-saxons, plus directs -ou plus francs- qui emploient le «lockdown», et même «The Great Lockdown» pour évoquer la période, en assumant la dimension, coercitive et brutale d’enfermement et de verrouillage. Le mot a suivi le virus autour du monde pour s’imposer au détriment des expressions locales. Le «lockdown» a pris de nombreux accents. Pas en France. Nous avons conservé notre confinement. Il n’a rien d’agréable, alors qu’un «chez-soi» devrait l’être, tant ce terme contient d’intimité et d’identité.

Cette injonction à y rester était sidérante début 2020, lorsqu’elle fut d’abord déployée en Chine, à l’échelle de mégalopoles de plusieurs millions d’habitant.e.s, «aux confins» d’un monde que l’on regardait de loin et, avouons le, un peu goguenards. Elle l’est devenue plus encore quelques mois plus tard lorsque des pays entiers ont été comme figés par l’interdiction au plus grand nombre de sortir de chez soi. Pour se mettre à l’abri ou pour sauver des vies, selon la teneur du message politique jugé le plus efficace. Le confinement saison 1 a renvoyé chacun.e à sa condition d’habitant.e, faisant ressortir pour les un.e.s, le confort d’un lieu choisi et aménagé avec soin, pour les autres, la promiscuité, le manque d’intimité, l’envie d’être ailleurs. Faisant des logements des refuges ou des prisons, dans lesquels, selon son lieu de résidence ou ses revenus -ce qui va souvent ensemble-, le risque sanitaire n’était pas le même. «Au sein de la métropole du Grand Paris, l’épidémie au printemps a d’abord tué les personnes âgées des villes pauvres. L’habitat surpeuplé et souvent dégradé a joué un rôle décisif», expliquait Luc Ginot, le directeur santé publique de l'agence régionale de santé d'ile de France, au Monde. En sortaient les travailleurs.es «essentiel.le.s» au bon fonctionnement, des hôpitaux bien sûr, et de ces grandes villes qui ne tournent pas rond sans commerces alimentaires, ni réseau électrique, eau, ramassage des ordures... Etaient donc sémantiquement exclu.e.s de cette «utilité essentielle» tou.te.s ceux/celles sommé.e.s de rester «au foyer», y compris les femmes ainsi nommées, quand elles arrêtent de travailler pour élever leurs enfants. Pour tou.te.s, le moment a aussi été celui d’une apnée de 55 jours au coeur d'une vie personnelle privée des soupapes habituelles, les autres et l’ailleurs.
Rester chez soi a été l’occasion d’observer que notre habitat n’est pas toujours pensé pour justement être... habité. Chambres exiguës, bureaux ou espaces de travail inexistants, cuisines ouvertes et trop petites, manque de lumière, absence d’un balcon digne de ce nom, ou d'un jardin... Tous ces défauts nous ont subitement sauté aux yeux, révélant de façon frappante, ce dont nous manquons, et, en creux, la faiblesse de l’innovation et la médiocre qualité des appartements construits depuis plusieurs décennies. Paradoxalement, le confinement fut un révélateur qui devait pousser à faire mieux, au cas où... peut-être un jour, il se reproduirait.

15 octobre 2020

A comme Abordable

Le logement « abordable » est directement issu de la notion anglo-saxonne "d’affordable house". Littéralement, le logement qu’un ménage peut "se permettre" d'acheter ou de louer, sans mettre en péril son pouvoir d’achat quotidien. Il commence bien notre alphabet... Comme toute politique publique de l'habitat qui devrait, d'abord, rendre suffisamment de logements « Abordables ». Pour y parvenir, il faut d'abord s'assurer que tout le monde puisse rembourser ses mensualités d'emprunt ou payer son loyer. Et ne pas oublier les charges, notamment en copropriété, les impôts locaux et les dépenses d’éclairage et de chauffage. La charge, aussi appelée le taux d’effort, c'est-à-dire la part de revenus qu'un ménage dépense pour habiter quelque part est considérée comme trop lourde au-delà de 30% . C’est d’ailleurs peu ou prou la limite au-delà de laquelle les banques ne prêtent plus.

Fabriquer des logements abordables est devenu une obsession des différents gouvernements depuis plus d’une décennie, comme un aveu d’impuissance face à un marché qui ne se régule pas seul et dont les prix en hausse permanente excluent de plus en plus de ménages des zones qu’ils convoitent car c'est là que se trouvent les emplois. Plusieurs dispositifs organisent la production de ces logements plus ou moins « abordables », plus ou moins accessibles, un autre A . Le logement social en est un et la France dispose d’un stock de HLM de 5,5 millions pourtant, insuffisant : ceux qui sont bien situés sont occupés, les autres parfois ne trouvent pas de locataire. Les logements intermédiaires créés en 2014 par la loi ALUR appartiennent à de grandes foncières qui les louent à des tarifs plafonnés. D’autres systèmes se mettent en place comme l’intermédiation locative ou le "bail réel solidaire". Ces montages parfois complexes, qui exigent plusieurs acteurs, fractionnent la propriété dans le temps ou dans l'espace font baisser le coût d’accès au logement. Ils sont encore trop expérimentaux, ou pas assez connus pour faire du logement en France un bien « abordable ».

9 novembre 2020

I comme Intérieur

Le printemps a fleuri en vase clos cette année. Carrés, plus ou moins encombrants, posés sur des consoles, des tables ou des commodes et allumés en permanence... qui dévoilent, sans pudeur, des intérieurs confinés mais ouverts à tous les  vents. Que disent de nous ces nouveaux Espèces d’Espaces dont George Perec aurait dressé une géniale classification? Le bureau, pour qui en possède un, est le meuble roi et la pièce maîtresse de ce nouvel échiquier. Les chambres ne sont plus privées, si c’est là qu’il est possible de s’isoler pour s’ouvrir au monde. Le salon devient salle de sport ou de cours, à pratiquer à plusieurs. La cuisine, si elle est assez grande fait office de communs. Lieu de retraite solitaire, les toilettes seules garantissent encore l’intimité. Mais vite fait, car derrière la porte, les autres attendent. Dès lors qu’il faut au même endroit, faire l’école et l’amour, travailler et cuisiner, se réunir en s’isolant, que peut-on montrer, que doit-on encore cacher?

S’installe une acceptation forcée et presque enjouée, accompagnée d’une mise en scène de chez-soi, ce miroir impossible à critiquer sous peine de se renier soi-même. Le désordre devient un sympathique signe de vitalité de la famille, les bibliothèques fournies signalent la culture, les moulures l’aisance, la lumière, le confort. Chaque détail parle... La distance déjà diminuée entre nos vies professionnelles et privées n’a plus que l’épaisseur d’un écran, traversé parfois par de familiers intrus en pyjama. Les fenêtres sur le monde se sont retournées, mobiles et fouineuses, à toute heure. Attirantes comme un «trou noir» dit Mona Chollet dans son Chez-soi, Une odyssée de l’espace domestique, un manuel de survie utile ces jours-ci. Par-là, on peut sortir dans l’espace public, mais ce canal est désormais ouvert dans l’autre sens, aux collègues pourtant jamais conviés à la maison, à la chaîne hiérarchique subitement aplatie par un sort commun. La foule domestique et extérieure est envahissante. Elle entre partout et souvent sans frapper. Les caves, zone blanche des villes connaîtront peut-être un nouvel engouement. Ou le refuge dans le refuge, à l’abri des ondes, du son et de la vue. Le printemps c’est aussi le temps des cabanes. L’hiver qui vient, celui des igloos...

26 octobre 2020
BATIACTU BASILE DELACORNE

L'agence Valode et Pistre lance « Archi Jeunes », un concours à destination des étudiants

« Habiter, demain », c'est le thème du concours « Archi Jeunes » que lancent les architectes Denis Valode et Jean Pistre pour faire plancher les étudiants en architecture sur les nouvelles attentes sanitaires, sociales et environnementales dans l'habitat collectif.
L'objectif ? Les faire réfléchir aux conséquences de la crise sanitaire, mais aussi des crises sociale et environnementale. "Une des conséquences de cette pandémie devra être l'impérative prise en compte, dans la conception de l'habitat, des nouvelles attentes" dans ces trois domaines, expliquent-ils. C'est aussi parce qu'ils sont conscients des difficultés d'insertion professionnelle de cette jeune génération, directement impactée par les effets de la crise (quasi absence de stages, formation à distance, etc.), qu'ils ont souhaité réagir concrètement et tendre la main aux talents de demain.

Le projet architectural attendu est « une proposition d'habitat collectif innovant apportant des réponses au constat d'inadaptation des logements et de leur environnement, ainsi qu'aux aspirations apparues à l'occasion de la crise du COVID et du confinement en particulier » : contradictions entre vie professionnelle, scolaire et familiale, entre vie collective et distanciation, entre confinement et aspiration au contact avec les éléments naturels et la végétation et diffusion des préoccupations écologiques sont notamment cités. Le contexte, la localisation, les caractéristiques urbanistiques (densité, dimensions, etc.) et le choix entre réhabilitation et construction neuve sont laissés à l'appréciation des candidats.

Le jury est composé de Najoua Arduini, directrice de développement du Groupe GA, Aldrick Beckman, architecte, Nicolas Bouzou, économiste et directeur-fondateur d'Asterès, Thomas Coldefy, architecte, Marie Godard Le Beux, directrice générale adjointe de Paris Habitat, Gaëlle Hamonic, architecte, Jean Pistre, architecte, Guillaume Poitrinal, président de Woodeum et de la Fondation du Patrimoine, Catherine Sabbah, déléguée générale d'IDHEAL (Institut des hautes études pour l'action dans le logement) et Denis Valode, architecte.

6 octobre 2020
LE MONITEUR MARIE-NOËLLE FRISON

Les logements actuels répondent mal aux besoins des Français

Les Français sont trop à l’étroit dans leur logement. L’enquête menée pendant le confinement par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL) l’avait révélé. Les résultats du quatrième baromètre Qualitel consacré à la qualité du logement, présentés le 6 octobre 2020, viennent aujourd'hui le confirmer.

29 septembre 2020

Bien vieillir sur sa planète

Architectes | Badia Berger
Maîtrise d'ouvrage Maison Alfort Habitat/ gestionnaire Coallia
70 logements| R+2
Maisons-Alfort | 94700
Livraison Juillet 2020

©11h45

C’est à se demander si les EHPA, établissement d’hébergement pour personnes âgées, portent bien leur nom. Si ces structures sont faites pour "héberger" des résidents temporairement, par exemple lors de l’absence d’un proche aidant, ou bien pour "loger" leurs occupants. Si elles peuvent devenir, pour des personnes vieillissantes encore autonomes, un nouveau chez-soi, désirable et agréable à vivre

©11h45

C’est ce qu'a tenté l'agence Badia Bergé avec sa Résidence du Soleil , nouvelle planète du quartier éponyme, une cité de logements sociaux, construite dans les années 50, tout près des berges de la Marne à Maison-Alfort. Le bâtiment construit sur trois niveaux a remplacé un foyer. Il prend la forme d’un pentagone irrégulier, souple, aux angles arrondis. Ici les locataires peuvent meubler leur appartement à leur goût ; inviter chez eux qui bon leur semble ; aller et venir à leur guise ; continuer à vivre leurs passions, comme cet écrivain tout juste septuagénaire rencontré dans le hall du rez-de-chaussée. On n’intègre pas un EHPA contraint par des problèmes de santé ; on s’y installe pour rompre avec sa solitude. Pas pour y mourir, mais pour y vivre, bien. Ce type d’habitat de transition, entre logement classique et établissement médicalisé, semble appelé à se développer. Dès lors, comment concevoir et aménager ces lieux pour que nos aînés se les approprient et s’y sentent bien ? L’architecture peut les aider à y vieillir autrement

Comment être bien chez soi ? L’enquête Aux confins du Logement, menée par Idheal pendant le confinement, apporte trois réponses qui montrent, en creux, ce qui manque aux constructions récentes : plus d’espace, un accès à l’extérieur, de la lumière. La résidence du Soleil semble avoir suivi ces préceptes. La taille d'abord... On y trouve des T1 de 35 m² et des T2 de … m², superficies honorables, complétées par un cellier, utile pour stocker et mieux gérer l’espace disponible. Il faut y ajouter les lieux mutualisés (salle de gym, bibliothèque, salle à manger), qui peuvent être vécues comme des extensions des logements. L'accès au dehors ensuite... Tous les appartements disposent d’un balcon privatif qui ouvre des perspectives sur le parc et les occupants profitent aussi de spacieuses terrasses collectives, orientées plein sud, aux premiers étages ; le jardin est accessible, tout comme le parc public qui s'étend tout autour. Enfin, la lumière... Les fenêtres sont nombreuses et généreuses. Les architectes ont choisi une gamme de couleurs à l'harmonie apaisante: trois teintes de rouge le long des coursives vitrées, le vert du cuivre patiné en façade, le gris texturé du béton sur les terrasses, le bois clair aux entrées des logements.
Les locataires de Coallia, -gestionnaire de la résidence pour le compte de Maison-Alfort Habitat-, paient des loyers de 788 euros par mois pour un T1 et 888 pour un T2. Elevé, le coût de construction, de 2 200 euros par mètre carré s'explique par l'importance des surfaces communes. L’intérêt de la maîtrise d’ouvrage pour le projet a été décisif. La ville a suivi assidûment le chantier, jusqu’au choix du mobilier. Les architectes ne se plaignent pas de cette "intrusion" qu'ils mettent sur le compte de la sensibilité des commanditaires pour l’architecture contemporaine, trop peu souvent partagée, à leur goût, par les maîtrises d’ouvrages et élus.

©11h45

©11h45

2 juillet 2020

Le retour en grâce des immeubles des années 1970

Le Monde Isabelle Rey-Lefebvre

Ils sont souvent jugés moches, parfois détestés. Mais les immeubles des années 1960-1970 sont dotés de grandes qualités que le confinement a permis de redécouvrir. Leurs logements sont spacieux et confortables, deux atouts précieux pendant les deux mois d’enfermement. L’enquête d’Idheal auprès de 8 000 personnes (par questionnaires écrits, du 25 mars au 5 mai 2020) sur le ressenti durant le confinement révèle que ceux qui ont mal vécu cette période vivent à 86 % en appartement, dont 66 % sans espace extérieur.

1er juillet 2020
LE MONITEUR MARIE-DOUCE ALBERT, MILENA CHESSA, MARIE-NOËLLE FRISON

Des idées ambitieuses pour habiter mieux

Concilier ces usages multiples dans un espace contraint a été une épreuve, notamment en zone urbaine dense. Selon une étude menée par l'Institut des hautes études pour l'action dans le logement (IDHEAL), 86 % des personnes qui ont mal vécu le confinement dans leur logement habitent en appartements, dont 66 % sans espaces extérieurs. Ce constat appelle les professionnels à imaginer des logements compatibles avec un nouveau confinement mais surtout en phase avec les modes de vie actuels.

18 juin 2020
LE PARISIEN PHILIPPE BAVEREL

Paris : une exposition qui imagine un nouveau demain

« Et demain, on fait quoi ». Sous ce titre, le pavillon de l'Arsenal présente les contributions d’architectes, ingénieurs, paysagistes... sur les logements, les transports, les jardins dans les villes d’après le Covid-19. Qu’en pensent les Parisiens ?

30 juin 2020

Télétravail : ces entreprises qui se passent déjà de bureaux

La Story - Podcast des Echos Pierrick Fay

Il s'est étendu et popularisé auprès des salariés durant le confinement mais le télétravail est aussi une opportunité de réaliser des économies pour les sociétés qui l'adoptent à grande échelle. Pour « La Story », le podcast d'actualité des « Echos », Pierrick Fay et ses invitées nous font découvrir ce phénomène grandissant des « remote companies », les entreprises sans bureaux.

15 juin 2020

Aux confins du logement : des idées simples, dont les acteurs de la ville devraient s’emparer … tout de suite

Confinews Le média du confinement

Alice Chevalier

Plus de place, de la lumière, un accès à l’extérieur… Les résultats du sondage « Aux Confins du Logement » lancé par l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement, IDHEAL[1], sont d’une édifiante simplicité. Ils révèlent ce que l’on sait sans trop le dire, mais qui a fini par sauter aux yeux de tous au bout de 55 jours d’enfermement : la taille compte !

7 juin 2020

Confinement : «Aussi grande soit-elle, la maison finit par étouffer»

Libération Sybille Vincendon

Une étude sur la façon dont le confinement a été vécu au regard du logement confirme l'importance des conditions d'hébergement, tout en soulignant la pesanteur incompressible de l'assignation à résidence prolongée.

19 mai 2020

La politique du logement n'est pas à la hauteur de l'enjeu

Le Moniteur Marie-Douce Albert

Alors que 67 millions de Français étaient assignés à résidence pour cause de crise sanitaire majeure, l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement, l’Idheal, lançait une enquête en ligne pour comprendre comment les gens vivaient cette période. Quelque 8 000 personnes ont répondu au questionnaire. Catherine Sabbah, la déléguée générale de l'organisme créé en novembre dernier, voit dans l’après-confinement un moment rare de réflexion collective sur l’habitat et plaide pour une mobilisation générale.

6 mai 2020
LE TEMPS (SUISSE) ÉMILIE VEILLON

L'habitat en temps de crise

Des villas individuelles derrière leur haie de thuyas aux écoquartiers coopératifs, les logements ont révélé leurs forces et faiblesses pendant la pandémie. Autant de pistes pour mieux construire demain. Les acteurs de l’immobilier devront redéfinir les priorités, en se basant sur les expériences architecturales et urbaines les mieux vécues pendant la crise. Des études sont déjà en cours, en France (IDHEAL) et en Suisse (EPFL), sur la manière dont les logements ont été habités pendant le confinement.

29 avril 2020

À la maison, le télétravail fait chambre à part

Libération Sybille Vincendon

Les logements, a fortiori quand ils sont exigus, ne sont pas forcément pensés pour le boulot. Comment réorganiser nos lieux de vie quand le travail s’y invite ?

24 avril 2020
LIBÉRATION SYBILLE VINCENDON

Mon logement à l’heure du confinement

L’Institut de réflexion Idheal lance une grande enquête auprès des confinés afin de mesurer comment ils vivent leur domicile à l’heure de l’assignation à résidence et du télétravail. Une expérience en vraie grandeur.

7 avril 2020
LE MONITEUR JACQUES-FRANCK DEGIOANNI

« Aux confins du logement », une enquête de l'IDHEAL

Votre logement est-il trop petit ? Adapté ou inadapté à la période actuelle de confinement ? Est-il parfait pour télétravailler ? etc. L’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL) a lancé une enquête en ligne (dix minutes à y consacrer, réponses anonymes) sur les conditions de logement en période de confinement afin de faire remonter assez de données pour nourrir des analyses ultérieures sur le sujet. Plus de 6000 réponses ont été collectées à ce jour qui donneront lieu, d’ici quelques semaines, à une présentation des résultats.

6 avril 2020
BUSINESS IMMO ANONYME

Covid-19 : Novaxia s'associe au sondage « Aux confins du logement » lancé par IDHEAL

3 avril 2020

Coronavirus : habitat et logement à l'épreuve de la vie confinée

Le Monde Isabelle Regnier

Que l’on ait quitté la ville pour la campagne ou que l’on n’ait pas bougé, le confinement redéfinit notre rapport à l’habitat. Le seul fait de se trouver assigné à résidence conduit à percevoir de manière plus aiguë les qualités et les faiblesses de nos lieux de vie.

23 février 2020

Nouveaux Horizons
– Paris 18e

Architectes : Brenac & Gonzales & Associés - Moa | 15 654 m²
| 254 logements 20 locaux d’activités soho | 1 commerce |
Construction : 2015 – Livraison : 2019 | Visite de l’îlot E

© Stefan Tuchila

Deux tours de 50 mètres ont poussé dans le nouveau quartier de la Chapelle Internationale dans le 18ème arrondissement de Paris. C’est là, en bordure de ville que ce genre d’immeuble a à nouveau droit de cité. Face à face, ou presque, les deux bâtiments sont légèrement décalés, pour éviter les vis-à-vis trop proches ou trop nombreux. Difficile toutefois d'éviter la cohabitation, compte tenu du nombre de logements imposés. Les deux tours se toucheraient presque. Et l’interstice qui les sépare rappelle les silhouettes hérissées des villes asiatiques. Au fur et à mesure de la montée, les vues se dégagent dans certains angles, un paysage inédit apparaît vers Montmartre. Notamment dans les cages d’escaliers abritées mais ouvertes qui scindent la tour E2 et créent une faille dans la E1.

© Stefan Tuchila

© Stefan Tuchila

Habitat vertical, donc? Village plutôt, car l’urbanisme du quartier entend composer un ensemble, entre les logements et les rez-de-chaussée, baptisé « socle de ville » par ses concepteurs, l’agence AUC qui travaille et décline ce concept au fil de ses projets. Il permet de dialoguer avec la halle de fret voisine, bâtiment incontournable, aujourd’hui entièrement réaménagé, qui semble faire corps avec les deux tours. Les soho – small office-home office vont activer ces volumes de 7 mètres de haut, en rez de chaussée. Des locaux d’activités qui sont aussi des logements, des logements qui servent de locaux d’activités : combo idéal pour un confinement réussi. La programmation est audacieuse, il fallait trouver la place et l'accès à ces lieux hybrides : pour accéder à ces espaces, les futurs small home officers emprunteront une passerelle en pente douce qui atterrit sur une rue intérieure lumineuse, à investir et partager, d’autant plus pratique -et sécurisée pour les habitants inquiets ou suspicieux- qu’elle ne communique pas avec les logements des étages supérieurs.

© Stefan Tuchila

© Takuji Shimmura

Quid de la ville haute ? La structure des tours est bien visible: d'énormes poutres de béton blanc tiennent le bâtiment, à la façon -allez, osons-le!-de la Hanckock Tower de Fazlur Khan, à Chicago. Cette exo-structure présente trois avantages : elle allège le poids par rapport à des murs entiers, économise de la matière - sujet central lorsqu’il s’agit d’un matériau aussi énergivore que le béton - et permet plus de liberté à l’intérieur des logement. Comme le souligne Julien Monfort, architecte du cabinet MOA, "*les surfaces sont petites, mais les logements modulables". Les façades étant porteuses, les murs intérieurs peuvent être facilement abattus. Et le T4 de 74 m2 que nous visitons pourrait facilement se transformer en un grand deux-pièces. Pourquoi alors ne pas avoir d’emblée dessiné des appartements plus vastes? Parce que le promoteur, Sogeprom, a choisi des typologies classiques d’appartements de deux, trois, ou quatre pièces qu’il fallait bien caser dans les mètres carrés existants. Notamment pour vendre la tour E1 à Axa, acquéreur en bloc qui louera ses logements à des prix plafonnés pendant au moins dix ans. Les appartements de E2 la seconde tour ont, eux, été vendus. Les premiers étaient affichés autour de 7000 euros le mètre carré. Prix qu e le promoteur n'a pas hésité à relever , après le départ du camp de migrants installé Porte de la Chapelle. La compacité -qui détermine les surfaces à vendre et donc la rentabilité de l'immeuble- ne s’arrête pas aux portes des logements. Les paliers d’étages comme l’entrée du bâtiment sont aussi très petits, mais ils font illusion, habilement agrémentés d’un jeu de miroirs qui leur apporte de la profondeur.

© Takuji Shimmura

© Takuji Shimmura

6 février 2020
LIBÉRATION SIBYLLE VINCENDON

Logement social : les immeubles vont mieux, les habitants moins bien

L’obligation de construire 20% de logements sociaux instaurée en 2000 par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain, dite SRU, a-t-elle réussi, vingt ans plus tard, son pari de rééquilibrer la répartition des HLM sur le territoire national ? Le nouvel Institut des hautes études pour l’action dans le logement (IDHEAL) a présenté une passionnante étude menée par Kevin Beaubrun-Diant et Tristan-Pierre Maury qui tente de répondre à cette question.

4 février 2020
LES ÉCHOS Elsa Dicharry

La loi SRU n'atteint pas ses objectifs de mixité sociale

Adoptée il y a vingt ans, la loi SRU, qui impose à un certain nombre de communes des quotas de logements sociaux , n'a que partiellement rempli ses missions en termes de mixité sociale. Tel est le principal enseignement d'une étude publiée ce mardi par le tout nouvel Institut des hautes études pour l'action dans le logement (Idheal), et menée par deux enseignants-chercheurs : Kevin Beaubrun-Driant (Université Paris-Dauphine) et Tristan-Pierre Maury (Edhec Business School).

4 février 2020

Le bilan mitigé de la loi SRU, 20 ans après sa création

Le Monde Isabelle Rey-Lefebrve

La loi Solidarité et renouvellement urbains du 13 décembre 2000, a-t-elle, près de vingt ans après sa promulgation, contribué à réduire la ségrégation spatiale des ménages ? Pour l’Institut des hautes études pour l’action dans le logement (Idheal), récemment créé pour être un lieu de réflexion, qui a commandé une étude, le bilan est partagé : la loi SRU a, certes, réussi à mieux répartir géographiquement l’offre de logement social dans les communes urbaines mais pas à combler les écarts de revenus entre quartiers ni à contrecarrer une tendance de fond au creusement de l’inégalité entre enclaves de richesse et de pauvreté.

08/10/21 On tweet
RT @csabbah: L’expo à ne pas rater! super plan pour les 15-16-17/10, dans le cadre des Journees Nationales de l’Architecture. Le logement e…
08/10/21 On tweet
RT @agceGrandPublic: Le #logement un enjeu politique et démocratique. C’est cette vision commune qui nous réunit avec @ItarArchi et @IDHEAL2
08/10/21 On tweet
Voilà! Bienvenue à la promo pionniere du cycle de formation d’IDHEAL, qui a fait sa rentrée les 6 et 7 octobre. Ils sont 31, de quoi tout changer… car tous ces professionnels sont aussi des habitants. Remettons le logement à sa place, au coeur du débat public! https://t.co/lcSz1gou47
01/10/21 On tweet
RT @Isareylef: Dans les HLM, une demande croissante de publics fragiles — via @LaMatinale_M https://t.co/dsdUK9NowU
28/09/21 On tweet
Mediacités a encore besoin de 2000 abonnés pour survivre en 2022. Leur travail d’enquête est indispensable à la démocratie locale. Soutenons-les ! https://t.co/LT1Df9B4sw #libertedelapresse via @mediacites