Rénovation urbaine, Les Ulis (91) 3F : Brenac & Gonzalez, photo Julien Lanoo

Étude 20 ans après, la loi SRU produit une mixité de façade

La ségrégation résidentielle augmente en France, malgré la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) , qui tente depuis 20 ans de lutter contre cette fracture sociale et territoriale, en mixant les statuts des immeubles construits et ceux de leurs occupants. L’étude « Logement social et ségrégation en France » menée par Kevin Beaubrun-Diant, (Université Paris-Dauphine PSL) et Tristan-Pierre Maury (Edhec Business School) mesure ce phénomène et avance des explications, sur une période de 15 ans, de 1999 à 2015, entre les habitants des quelque 5 millions de logements du parc social et les quelque 30 millions de locataires ou propriétaires du parc résidentiel privé.
( Photo : Zone ANRU, programme de rénovation urbaine Quartier de la Daunière, Les Ulis (91) Équipes d’architectes des opérations 3F : Brenac & Gonzalez, Patricia Leboucq. Urbanistes : Jean-Michel Daquin, photographe Julien Lanoo )

Auteur: Idheal | Kevin Beaubrun-Diant et Tristan-PIerre Maury | 04.02.2020
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Photo Hortense Soichet, série Espaces partégés

Enquête-Sondage Aux confins du logement

55 jours à l'intérieur, 24 heures sur 24 à la maison, Idheal a voulu comprendre comment chacun avait vécu la période de confinement, imposée dans toute la France entre le 16 mars et le 11 mai 2020. Cette expérience a renvoyé chacun a sa condition d'habitant, lui révélant parfois la difficulté de vivre à plein temps dans des espaces jusqu'alors impensés pour cet enfermement à plusieurs. Le sondage lancé par l'Institut, auquel ont répondu plus de 8000 personnes, nous aide à mieux comprendre, en creux, ce dont manquent nombre de nos concitoyens chez eux: des mètres carrés, de la lumière, un accès à l'extérieur. Aussi grande soit la maison, elle finit par étouffer.

Auteur: Idheal | 06.06.2020
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03.06.2021

A comme Abordable

Le logement « abordable » est directement issu de la notion anglo-saxonne "d’affordable house". Littéralement, le logement qu’un ménage peut "se permettre" d'acheter ou de louer, sans mettre en péril son pouvoir d’achat quotidien. Il commence bien notre alphabet... Comme toute politique publique de l'habitat qui devrait, d'abord, rendre suffisamment de logements « Abordables ». Pour y parvenir, il faut d'abord s'assurer que tout le monde puisse rembourser ses mensualités d'emprunt ou payer son loyer. Et ne pas oublier les charges, notamment en copropriété, les impôts locaux et les dépenses d’éclairage et de chauffage. La charge, aussi appelée le taux d’effort, c'est-à-dire la part de revenus qu'un ménage dépense pour habiter quelque part est considérée comme trop lourde au-delà de 30% . C’est d’ailleurs peu ou prou la limite au-delà de laquelle les banques ne prêtent plus. Fabriquer des logements abordables est devenu une obsession des différents gouvernements depuis plus d’une décennie, comme un aveu d’impuissance face à un marché qui ne se régule pas seul et dont les prix en hausse permanente excluent de plus en plus de ménages des zones qu’ils convoitent car c'est là que se trouvent les emplois. Plusieurs dispositifs organisent la production de ces logements plus ou moins « abordables », plus ou moins accessibles, un autre A . Le logement social en est un et la France dispose d’un stock de HLM de 5,5 millions pourtant, insuffisant : ceux qui sont bien situés sont occupés, les autres parfois ne trouvent pas de locataire. Les logements intermédiaires créés en 2014 par la loi ALUR appartiennent à de grandes foncières qui les louent à des tarifs plafonnés. D’autres système se mettent en place comme l’intermédiation locative ou le bail réel solidaire. Ces montages à plusieurs acteurs qui fractionnent la propriété dans le temps ou dans l'espace font baisser le coût d’accès au logement. Ils sont encore trop expérimentaux, ou pas assez connus pour faire du logement en France un bien « abordable ».

23.02.2020

Nouveaux Horizons
– Paris 18e

Architectes : Brenac & Gonzales & Associés - Moa | 15 654 m²
| 254 logements 20 locaux d’activités soho | 1 commerce |
Construction : 2015 – Livraison : 2019 | Visite de l’îlot E

© Stefan Tuchila

Deux tours de 50 mètres ont poussé dans le nouveau quartier de la Chapelle Internationale dans le 18ème arrondissement de Paris. C’est là, en bordure de ville que ce genre d’immeuble a à nouveau droit de cité. Face à face, ou presque, les deux bâtiments sont légèrement décalés, pour éviter les vis-à-vis trop proches ou trop nombreux. Difficile toutefois d'éviter la cohabitation, compte tenu du nombre de logements imposés. Les deux tours se toucheraient presque. Et l’interstice qui les sépare rappelle les silhouettes hérissées des villes asiatiques. Au fur et à mesure de la montée, les vues se dégagent dans certains angles, un paysage inédit apparaît vers Montmartre. Notamment dans les cages d’escaliers abritées mais ouvertes qui scindent la tour E2 et créent une faille dans la E1.

© Stefan Tuchila

© Stefan Tuchila

Habitat vertical, donc? Village plutôt, car l’urbanisme du quartier entend composer un ensemble, entre les logements et les rez-de-chaussée, baptisé « socle de ville » par ses concepteurs, l’agence AUC qui travaille et décline ce concept au fil de ses projets. Il permet de dialoguer avec la halle de fret voisine, bâtiment incontournable, aujourd’hui entièrement réaménagé, qui semble faire corps avec les deux tours. Les soho – small office-home office vont activer ces volumes de 7 mètres de haut, en rez de chaussée. Des locaux d’activités qui sont aussi des logements, des logements qui servent de locaux d’activités : combo idéal pour un confinement réussi. La programmation est audacieuse, il fallait trouver la place et l'accès à ces lieux hybrides : pour accéder à ces espaces, les futurs small home officers emprunteront une passerelle en pente douce qui atterrit sur une rue intérieure lumineuse, à investir et partager, d’autant plus pratique -et sécurisée pour les habitants inquiets ou suspicieux- qu’elle ne communique pas avec les logements des étages supérieurs.

© Stefan Tuchila

© Takuji Shimmura

Quid de la ville haute ? La structure des tours est bien visible: d'énormes poutres de béton blanc tiennent le bâtiment, à la façon -allez, osons-le!-de la Hanckock Tower de Fazlur Khan, à Chicago. Cette exo-structure présente trois avantages : elle allège le poids par rapport à des murs entiers, économise de la matière - sujet central lorsqu’il s’agit d’un matériau aussi énergivore que le béton - et permet plus de liberté à l’intérieur des logement. Comme le souligne Julien Monfort, architecte du cabinet MOA, "*les surfaces sont petites, mais les logements modulables". Les façades étant porteuses, les murs intérieurs peuvent être facilement abattus. Et le T4 de 74 m2 que nous visitons pourrait facilement se transformer en un grand deux-pièces. Pourquoi alors ne pas avoir d’emblée dessiné des appartements plus vastes? Parce que le promoteur, Sogeprom, a choisi des typologies classiques d’appartements de deux, trois, ou quatre pièces qu’il fallait bien caser dans les mètres carrés existants. Notamment pour vendre la tour E1 à Axa, acquéreur en bloc qui louera ses logements à des prix plafonnés pendant au moins dix ans. Les appartements de E2 la seconde tour ont, eux, été vendus. Les premiers étaient affichés autour de 7000 euros le mètre carré. Prix qu e le promoteur n'a pas hésité à relever , après le départ du camp de migrants installé Porte de la Chapelle. La compacité -qui détermine les surfaces à vendre et donc la rentabilité de l'immeuble- ne s’arrête pas aux portes des logements. Les paliers d’étages comme l’entrée du bâtiment sont aussi très petits, mais ils font illusion, habilement agrémentés d’un jeu de miroirs qui leur apporte de la profondeur.

© Takuji Shimmura

© Takuji Shimmura

24.04.2020
Libération Par Sybille vincendon

Mon logement à l’heure
du confinement

L’institut de réflexion Idheal lance une grande enquête auprès des confinés afin de mesurer comment ils vivent leur domicile à l’heure de l’assignation à résidence et du télétravail. Une expérience en vraie grandeur.

29/09/2020

Bien vieillir sur sa planète

Architectes | Badia Berger
Maîtrise d'ouvrage Maison Alfort Habitat/ gestionnaire Coallia
70 logements| R+2
Maisons-Alfort | 94700
Livraison Juillet 2020

©11h45

C’est à se demander si les EHPA, établissement d’hébergement pour personnes âgées, portent bien leur nom. Si ces structures sont faites pour "héberger" des résidents temporairement, par exemple lors de l’absence d’un proche aidant, ou bien pour "loger" leurs occupants. Si elles peuvent devenir, pour des personnes vieillissantes encore autonomes, un nouveau chez-soi, désirable et agréable à vivre

©11h45

C’est ce qu'a tenté l'agence Badia Bergé avec sa Résidence du Soleil , nouvelle planète du quartier éponyme, une cité de logements sociaux, construite dans les années 50, tout près des berges de la Marne à Maison-Alfort. Le bâtiment construit sur trois niveaux a remplacé un foyer. Il prend la forme d’un pentagone irrégulier, souple, aux angles arrondis. Ici les locataires peuvent meubler leur appartement à leur goût ; inviter chez eux qui bon leur semble ; aller et venir à leur guise ; continuer à vivre leurs passions, comme cet écrivain tout juste septuagénaire rencontré dans le hall du rez-de-chaussée. On n’intègre pas un EHPA contraint par des problèmes de santé ; on s’y installe pour rompre avec sa solitude. Pas pour y mourir, mais pour y vivre, bien. Ce type d’habitat de transition, entre logement classique et établissement médicalisé, semble appelé à se développer. Dès lors, comment concevoir et aménager ces lieux pour que nos aînés se les approprient et s’y sentent bien ? L’architecture peut les aider à y vieillir autrement

Comment être bien chez soi ? L’enquête Aux confins du Logement, menée par Idheal pendant le confinement, apporte trois réponses qui montrent, en creux, ce qui manque aux constructions récentes : plus d’espace, un accès à l’extérieur, de la lumière. La résidence du Soleil semble avoir suivi ces préceptes. La taille d'abord... On y trouve des T1 de 35 m² et des T2 de … m², superficies honorables, complétées par un cellier, utile pour stocker et mieux gérer l’espace disponible. Il faut y ajouter les lieux mutualisés (salle de gym, bibliothèque, salle à manger), qui peuvent être vécues comme des extensions des logements. L'accès au dehors ensuite... Tous les appartements disposent d’un balcon privatif qui ouvre des perspectives sur le parc et les occupants profitent aussi de spacieuses terrasses collectives, orientées plein sud, aux premiers étages ; le jardin est accessible, tout comme le parc public qui s'étend tout autour. Enfin, la lumière... Les fenêtres sont nombreuses et généreuses. Les architectes ont choisi une gamme de couleurs à l'harmonie apaisante: trois teintes de rouge le long des coursives vitrées, le vert du cuivre patiné en façade, le gris texturé du béton sur les terrasses, le bois clair aux entrées des logements.
Les locataires de Coallia, -gestionnaire de la résidence pour le compte de Maison-Alfort Habitat-, paient des loyers de 788 euros par mois pour un T1 et 888 pour un T2. Elevé, le coût de construction, de 2 200 euros par mètre carré s'explique par l'importance des surfaces communes. L’intérêt de la maîtrise d’ouvrage pour le projet a été décisif. La ville a suivi assidûment le chantier, jusqu’au choix du mobilier. Les architectes ne se plaignent pas de cette "intrusion" qu'ils mettent sur le compte de la sensibilité des commanditaires pour l’architecture contemporaine, trop peu souvent partagée, à leur goût, par les maîtrises d’ouvrages et élus.

©11h45

©11h45

04/02/2020

La loi SRU n'atteint pas ses objectifs de mixité sociale

Les Echos Elsa Dicharry

Adoptée il y a vingt ans, la loi SRU, qui impose à un certain nombre de communes des quotas de logements sociaux , n'a que partiellement rempli ses missions en termes de mixité sociale. Tel est le principal enseignement d'une étude publiée ce mardi par le tout nouvel Institut des hautes études pour l'action dans le logement (Idheal), et menée par deux enseignants-chercheurs : Kevin Beaubrun-Driant (Université Paris-Dauphine) et Tristan-Pierre Maury (Edhec Business School).

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Institut Des Hautes Études pour l'Action dans le Logement Moins d'idéologie, plus d'idées au logis Institut Des Hautes Études pour l'Action dans le Logement Moins d'idéologie, plus d'idées au logis